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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 05:40
Manager avec les anciens
Manager avec les anciens
Actualiser le bon sens des maîtres du passé
"La gestion d'entreprise est devenue l'un des principaux sujets d'enseignement dans les universités du monde entier. Dans ce domaine, le bouddhisme dispose de ses propres théories et pratiques de management qui ont évolué au fil des siècles. Déjà à l'époque du Bouddha Sakyamuni, la communauté bouddhiste, la Sangha, avait mis en place un système d'administration très développé. Avec le temps, le système a connu de nombreux changements et la communauté a adopté de nouvelles méthodes de fonctionnement."

Un livre extrêmement utile pour les professionnels du management, qui y trouveront des méthodes de gestion et des principes de vie en communauté universels, tirés des enseignements des plus grandes civilisations de l'histoire. Pour le lecteur non averti, la découverte des cinq grands modes de penser la vie avec les autres que sont ceux prônés par Bouddha, Confucius, Alexandre le Grand, Marc Aurèle et les grands chefs vikings permettra d'aborder le management avec l'avantage de l'expérience. Un outil de travail très instructif et enrichissant, dont les vertus culturelles et professionnelles raviront sans aucun doute le lecteur.

Prix : 13,00 € - 100 pages - ISBN : 9782342003376 - Essais
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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 20:22

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Le régime de l'auto-entrepreneur a été créé en 2009. A ce jour, plus de 1,1 million d'auto-entreprises ont déjà vu le jour. Aujourd'hui, une entreprise française sur deux se crée sous ce régime. Avec quand même un léger tassement ces derniers mois : en juillet, 23.682 créations d'auto-entreprises avaient été enregistrées par l'INSEE, au lieu de 27.819 en juin et 25.139 en mai. La même tendance avait été observée en 2011, suivie par une reprise les mois suivants.

 

SIMPLICITE

 

Qu'est-ce qui plaît tant dans ce nouveau régime entrepreneurial ? Réponse unanime des créateurs eux-mêmes et des observateurs : la simplicité et la fiscalité. Il n'a effectivement jamais été aussi simple de créer sa propre entreprise : une connexion sur le site officiel, www.lautoentrepreneur.fr, vous entrez votre nom, le nom de l'entreprise que vous créez, la description succincte de son activité. Et le tour est joué : vous voilà chef d'entreprise, en à peine cinq minutes et quelques clics ! Et très peu de temps après, entre trois jours et trois semaines, vous recevrez votre numéro de SIRET.

 

Tout le monde peut devenir auto-entrepreneur. Les demandeurs d'emploi qui ne veulent pas rester les bras croisés et se jettent à l'eau, en développant le projet personnel qu'ils gardaient dans un coin de leur tête. Le salarié ou le fonctionnaire qui souhaite arrondir ses fins de mois en développant sa propre activité. Le retraité qui a enfin pris le temps de travailler pour lui. Pour d'autres ce sera tout simplement une façon rassurante et économique (pas besoin de capital) de créer son entreprise : une sorte de mise à l'étrier. Toutes les raisons sont bonnes pour créer sa petite entreprise.

 

TOUS LES METIERS

 

Et à l'exception de très rares activités, notamment celles relevant de la TVA immobilière, de la location de matériels et de biens de consommation durable, tous les autres secteurs sont ouverts dans la production, le commerce, les services... Et l'auto-entrepreneur ne connaît finalement qu'une seule limite : celle de son chiffre d'affaires annuel. Il ne doit pas dépasser 81.500 euros pour une activité de vente de marchandises, d'objets, de fournitures, à emporter ou à consommer sur place, ou pour des prestations d'hébergement. Pour les prestations de service relevant des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaix, le plafond est limité à 32.600 euros.

 

L'auto-entrepreneur est également dispensé de l'inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les commerçants et au répertoire des métiers (RM) pour les artisans, sauf s'il exerce une activité artisanale à titre principal.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 09:58

CS

J'anime un cours sur médias et pouvoirs dans une école de commerce et je surprends souvent mes étudiants en leur rappelant quel était l'état des lieux il y a seulement une trentaine d'années. Pour eux, c'est la préhistoire. Pour nous aussi, d'ailleurs, tant notre capacité à l'oublie est grande.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler aux plus jeunes d'entre nous quel était l'état des lieux du monde médiatique en 1979, deux ans avant l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

On vivait alors sous le régime du monopole de la radio-télévision du service public avec trois chaînes de télévision qui avaient acquis, depuis 1974, date de l'éclatement de l'ORTF, une certaine autonomie.

La diffusion se faisait exclusivement par voie hertzienne ; il n'y avait ni satellite, ni câble. En radio, la modulation de fréquence était réservée au service public, un peu comme une autoroute qui serait réservée à l'usage des grosses cylindrées. A titre de contre-feu devant la revendication montante des radios libres ou locales, le gouvernement avait incité Radio-France à créer trois radios d'un type nouveau dans le Nord, dans la Mayenne et à Melun.

L'Etat exerçait une tutelle étroite sur l'audiovisuel public, bien que moins sourcilleuse que dans les années soixante. En ce qui concerne ce que l'on appelait les "périphériques", dont les émetteurs étaient hors de France, deux d'entre eux, Europe 1 et RMC, avaient l'Etat français comme actionnaire principale, via la Sofirad. RTL, bénéficiaire depuis 1931 d'une concession de l'Etat luxembourgeois, échappait dans une certaine mesure à cette emprise, étant entendu toutefois que l'un de ses actionnaires, Havas, était alors une société dont l'Etat français détenait la majorité du capital.

Cette tutelle de l'Etat était essentiellement d'ordre politique et financier. Elle laissait une très grande liberté aux responsables de la radio et de la télévision, dans ces limites, quant à la conception et la mise en oeuvre des programmes.

Autre particularité : il n'y avait pas, à l'époque, de droit de l'audiovisuel. La loi de 1974 qui avait substitué au "monstre" ORTF des sociétés nationales de programmes et des établissements publics comme TDF, l'INA et la SFP, était une loi de structure plus que de fond, complétée par des cahiers des charges assez légers. Il y avait aussi le code des télécommunications, qui donnait un fondement légal au monopole et protégeait la diffusion des ondes de services public. C'était tout. On ne peut même pas dire qu'il y avait une administration de tutelle de l'audiovisuel. Rattaché au Premier ministre et mis à la disposition d'un ministre chargé de la Communication, quand il y en avait un -- on n'osait plus avoir, comme aux beaux temps de la IVe République et aux débuts de la Ve, un ministre de "l'information", le SJTI (service juridique et technique de l'information), mis en place après la guerre pour être l'instrument public de gestion de la législation sur la presse, avait progressivement mais assez timidement étendu sa compétence à l'audiovisuel.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 11:03

Nous l’avons vu récemment, la gestion de l’identité numérique commence au berceau, et les récents déboires d’un internaute ayant constaté à ses dépends que sur le web tout est public, sont là pour nous le rappeler une fois encore.

L’identité numérique reste un concept assez flou pour la plupart des internautes, or il est seulement question de contrôle de l’image et de la réputation, selon les mêmes règles que celles que nous appliquons dans notre vie courante, celle que l’on appelle la vraie vie.

Pas besoin d’être un expert, donc, pour observer ces 10 règles simples qui devraient normalement vous aider à mieux maîtriser votre image sur internet :

1 – Enregistrez vite votre nom de domaine.

Comme chacun possède sa carte d’identité, chaque internaute devrait avoir son propre nom de domaine sur internet, idéalement composé de son prénom et de son nom (même s’il est évident que cela n’est pas toujours possible), et si possible dans les principales extensions, de préférence sous la forme prenomnom.com ou prenom-nom.com (ou .fr ou .net ou autre). L’enregistrement d’un nom de domaine est aujourd’hui une formalité aussi simple que l’envoi d’un mail, et donc à la portée de tous. Les tarifs ont aussi considérablement baissé, et vous pouvez réserver un nom sur plusieurs années pour quelques dizaines d’euros. Pensez surtout à enregistrer celui de vos enfants, ça leur servira un jour.

Avantages : personne ne pourra vous subtiliser votre nom, et vous préparez le terrain pour une bon positionnement de celui-ci dans Google.

2 – Créez une page web personnelle avec les éléments positifs et publics de votre vie.

Tant qu’à avoir enregistré votre nom de domaine, autant capitaliser sur celui-ci en le faisant pointer sur votre CV simplifié, dans lequel vous consignez de façon claire et synthétique quelques trucs sur votre life : votre job, vos compétences, en restant très évasif, voire elliptique sur tout ce que vous considérez comme personnel (cette notion étant très variable selon les individus). Vous avez rarement l’occasion de parler de vous, c’est le moment : faites-vous briller. Avec modération et sans mentir, mais sans complexes non plus.

Avantages : alimenter en contenu et mettre régulièrement une page web à jour est très bon pour le référencement dans Google. Autant faire apparaître en premier dans les résultats un contenu qui vous appartient et sur lequel vous avez un total contrôle. N’ayez crainte, les hackers turcs s’intéressent rarement aux pages statiques en HTML simple.

3 – Créez-vous un pseudonyme facilement identifiable et utilisez toujours le même.

Vous participez, en toute transparence bien sûr, à des discussions, forums, commentaires sur les blogs, et pour les plus geeks, à Twitter et autres réseaux sociaux ? Si vous n’avez pas l’intention de tenir des propos compromettants (laissons cela aux trolls anonymes), renforcez votre identité numérique en utilisant un pseudo qui évoque directement votre vraie identité. Vous aurez tout à y gagner en matière de réputation, notamment si un futur employeur (ou une future conquête amoureuse) s’amuse à faire une recherche sur votre nom dans Google, sait-on jamais.

Avantages : vous pouvez retrouver plus facilement la trace de vos contributions sur le web, et montrer que vous dites des choses intelligentes, parfois. Cela peut également éviter qu’un usurpateur emprunte votre pseudo sur les forums qui vous tiennent à cœur.

4 – Faites des liens vers votre page perso.

Rappel technique pour les néophytes : plus une page web reçoit de liens en provenance d’autres sites, meilleures sont ses chances d’être bien positionnée dans les moteurs de recherche (avec quelques éléments de pondération toutefois). N’hésitez donc pas à essayer d’obtenir des liens d’autres sites vers votre page perso. Comment ? En demandant à des amis ayant déjà un site, mais aussi en n’oubliant pas de signer si possible toutes vos contributions avec l’adresse de votre site, que ce soit dans les forums ou les blogs. Attention à ne pas spammer en mettant des liens dans le corps du message, cela peut parfois être assez mal vu par certains modérateurs.

Avantages : vous augmentez la densité des liens pointant sur votre nom, et votre classement dans les moteurs. Du coup c’est votre contenu qui monte et qui peut finir par passer devant cette foutue page ou vous avez crié un jour de beuverie votre amour pour George Bush et qui depuis vous pourrit la vie en vous collant aux basques.

5 – Demandez un droit de rectification aux sites qui diffusent une mauvaise image de vous.

Opération délicate à manipuler avec beaucoup de diplomatie, voire une pointe d’humour, mais vous êtes dans votre droit le plus strict, celui de votre image personnelle. Si des propos, une photo ou une vidéo peu avantageux de vous sont diffusés sur un site, vous pouvez demander à ce que ce contenu soit retiré. Faites-le à l’amiable en évitant d’envoyer illico une armée de tueurs à gages ou un courrier de votre avocat. Avec les webmasters de bonne foi cela se passe généralement sans heurts. Si ce n’est pas le cas, alors vous pouvez utiliser une procédure plus contraignante, mais gare à l’effet rebond sur votre e-réputation : allez-y avec fermeté, mais courtoisie.

Avantages : vous pouvez au moins espérer désamorcer des conflits ou des malentendus par le dialogue, et en même temps montrer que vous entendez vous faire respecter.

6 – Demandez à Google de désindexer des pages portant atteinte à votre réputation.

Contrairement à une idée reçue, il y a des humains chez Google, et vous pouvez les contacter pour leur demander des choses, et leur signaler un contenu malveillant, notamment à votre encontre. Rien ne garantit que Google, qui est seul juge au final, ne s’exécute puisqu’il n’est pas responsable des contenus indexés, mais ça vaut toujours la peine de tenter le coup, même s’il faut pour cela s’adresser directement au service juridique de Google, à Mountain View, California, USA. N’attendez pas de miracles : au mieux Google supprimera la page en question de son index, ce qui est déjà énorme : une page non indexée est une page qui n’existe pratiquement plus.

Avantages : nettoyer un peu les casseroles qui traînent sur vous dans Google.

7 – Soyez vigilants sur le marquage de photos dans Facebook.

Le marquage (ou taggage) est une fonction dans Facebook qui consiste à mettre un nom sur un visage, tout simplement. Une fois une photo taggée avec votre nom, même compromettante, même publiée sans votre accord, même si ce n’est pas vous sur la photo, il sera très facile de vous retrouver. Pourtant, toute publication d’une photo incluant des personnes autres que celle publiant la photo devrait être soumise à autorisation préalable des personnes concernées. Votre seul recours est alors de supprimer le marquage vous concernant, ou de demander à la personne publiant cette photo de la supprimer. Pour cela il est indispensable de savoir si vous êtes marqué sur une photo et donc d’activer la notification dans votre profil (elle l’est par défaut) : Paramètres > Compte > Notifications > Photos.

Avantages : éviter que votre futur employeur ne vous découvre ivre mort dormant dans votre vomi la veille d’un entretien d’embauche. Si si ça arrive.

8 – Utilisez des systèmes d’alerte sur mots-clés.

Le meilleur moyen de contrôler sa réputation et d’être informé sur ce qui se dit sur vous et de vous est encore de poser des micros et des caméras partout. Traduit en termes web, cela revient à souscrire à un système d’alertes comme Google Alerts par exemple : http://www.google.fr/alerts. Sur Google Alerts vous saisissez les mots-clés sur lesquels vous souhaitez être alertés ainsi que la fréquence des alertes, et vous recevrez celles-ci par email, avec les liens pointant directement sur les sites traitant les mots-clés en question. Redoutablement efficace en termes de surveillance, mais peut vite devenir pénible et intrusif. A utiliser avec parcimonie, sinon vous risquez de sombrer dans la paranoïa. C’est mauvais pour votre karma.

Avantages : vous avez d’un coup de très grandes oreilles.

9 – Vérifiez votre profil public sur Facebook.

Au-delà des réglages de confidentialité qu’il est vivement conseillé de paramétrer le plus finement possible en vous rendant dans Paramètres > Confidentialité, il existe dans Facebook deux fonctions très simples et assez rassurantes qui vous permettent de voir ce que voient les autres de vous. Tout d’abord ce que voient ceux qui ne sont pas inscrits sur Facebook, soit votre profil public tel qu’il est indexé dans les moteurs de recherche. Toujours dans Paramètres > Confidentialité, vous pouvez cocher la case en bas de page « Créer un profil public ». Copiez l’url de ce profil et collez-là dans un navigateur avec lequel vous n’êtes pas connecté à Facebook (ou déconnectez-vous) : vous verrez exactement ce que voit Google et les internautes de passage. Ensuite, une autre fonction vous permet de voir ce que voient cos amis, à savoir votre profil tel qu’ils le visualisent. Il suffit pour cela de vous rendre sur Paramètres > Confidentialité > Profil et de compléter le champ en haut marqué « Visualisez votre profil tel qu’il est vu par un(e) ami(e) » avec le nom d’un(e) ami(e), et vous verrez ce que voit l’ami(e) en question.

Avantages : vous montrez ce que vous voulez à qui vous voulez. Normalement.

10 – Pourquoi pas ouvrir un compte OpenID ?

OpenID kezako ? Reprenons un extrait de la définition qu’en donne Wikipedia : « système d’authentification décentralisé permet l’authentification unique, ainsi que le partage d’attributs. Il permet à un utilisateur de s’authentifier auprès de plusieurs sites (devant prendre en charge cette technologie) sans avoir à retenir un identifiant pour chacun d’eux mais en utilisant à chaque fois un unique identifiant OpenID ».

En résumé, OpenID permet théoriquement de bénéficier d’un identifiant unique et infalsifiable qui vous permet d’être connu et reconnu des sites qui ont adopté ce protocole. C’est gratuit et vous pouvez par exemple vous rendre sur OpenID France pour créer votre compte OpenID. Attention, certains diront qu’OpenID, en temps qu’outil centralisant vos données personnelles, pourrait constituer un mouchard très efficace en suivant à la trace votre activité sur le web. Je ne crois pas trop à cette version de la théorie du complot, d’autant que les sites qui acceptent l’identification par OpenID ne sont encore pas légion (et je me demande s’ils le seront un jour).

Avantages : identifiant unique et gain de temps.

11 – Pensez à protéger vos données personnelles depuis le déploiement de la nouvelle version de Facebook (Open Graph)

(mise à jour du 10 mai 2010, ce qui fait une onzième règle) On pourrait bien sûr faire un bouquin avec seulement les différentes façons de gérer ou verrouiller son identité numérique sur Facebook, mais il y a des mises à jour qui comptent plus que d’autres. Facebook a publié mi-avril 2010 son fameux Open Graph, qui regroupe un ensemble de fonctionnalités visant à agréger le contenu des sites web et à les mettre en relation avec le profil des internautes. Pour faire simple, et sans sombrer dans un excès de paranoïa, si vous êtes connecté à votre compte Facebook et que vous visitez des sites affichant le petit bouton « J’aime » (ou « Like » en anglais), vous êtes tracé par Facebook dès que vous cliquez sur ce bouton (et même si vous ne cliquez nulle part, mais ceci n’est pas très clair, comme souvent avec Facebook, donc méfiance). Pour éviter que vos données de navigation ne soient divulguées publiquement à l’insu de votre plein gré, et empêcher tout profiling non souhaité, vous avez intérêt à régler une fois de plus vos paramètres de confidentialité. Pour cela allez dans Compte -> Paramètres de confidentialité, puis cliquez sur Applications et sites web. Décochez ensuite la case en bas de page qui autorise la personnalisation avancée puis confirmez quand la fenêtre de validation apparaît. Enfin, modifiez les paramètres apparaissant dans « Ce que vos amis peuvent partager à propos de vous ». A vous de déterminer ce que vous voulez laisser apparaître. Si vous voulez être vraiment tranquille et blinder au maximum, décochez tout. N’oubliez pas de cliquer sur « Enregistrer les modifications » sinon ça ne modifiera pas grand chose.

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 13:05

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Christian Soleil en 2012

   

 

 

 

Les entreprises qui ont le plus de succès sont aussi celles dans lesquelles les collaborateurs se sentent le mieux : impliqués, autonomes, respectés. Dans ces entreprises, les gens s’engagent à fond, soignent les clients, assurent la qualité, donnent des idées, assument leurs responsabilités et font preuve de loyauté envers leur employeur.

  

Motiver : la plupart ont essayé, en vain

 

Face au désengagement, à la démotivation voire à l’indifférence, les entreprises ont presque

toutes tenté de remotiver leurs collaborateurs : cercles de qualité ; projets d’entreprises ;

stages outdoor ; programmes de formation complets ; stages de développement personnel ;

récemment politiques de rémunération incitative ; avantages en nature ; … sont les solutions

les plus courantes. Mais les échecs sont nombreux.

 

Ceux-ci sont dus en bonne partie (mais pas seulement) au fait que, en même temps, les

entreprises ont souvent fait à peu près tout ce qu’il fallait pour démotiver les collaborateurs :

opérations de reengineering mal préparées et conduites; restructurations multiples ;

centralisation des décisions ; baisse des salaires ; pression pour réduire les coûts et

augmenter la productivité ; menaces de licenciements si … ; programmes de qualité et de

services aux clients laissant penser que, jusque-là, personne ne s’était occupé des clients;…

Les collaborateurs, se sentant déconsidérés, menacés voire méprisés par les solutions

proposées, n’ont fait que s’éloigner davantage.

 

Faut-il dès lors s’étonner que, à la première occasion, ils s’en aillent ? Et même que certains

donnent leur congé sans avoir trouvé un autre travail ?

 

La motivation n’est pas un but en soi :

 

Le but de toute entreprise, c’est d’avoir des collaborateurs performants. Les formes de

management favorisant l’autonomie et la responsabilité ne sont pas utilisées par altruisme :

c’est qu’elles permettent vraiment d’être plus efficace et productif.

 

Lorsqu’une direction se plaint du manque de motivation des collaborateurs, c’est un alibi. La

seule chose dont on est alors certain, c’est que la direction ne sait pas trouver les moyens de

motiver les collaborateurs. C’est donc la direction qui est en cause d’abord et qui doit

changer sa manière de considérer les collaborateurs, de les impliquer et d’une manière

générale d’affronter les problèmes.

 

L’objectif ne doit pas d’ailleurs être de motiver, mais d’amener à 

s’auto-motiver

. Motiver en soit l ne permet guère de responsabiliser. Cela tendrait même plutôt à s’apparenter à des

formes de manipulation, qui ne marchent jamais très longtemps.

 

L’objectif consiste à donner envie et à permettre aux collaborateurs de se réaliser dans

l’entreprise.

 

Les solutions les plus simples sont toujours les meilleures

 

La meilleure approche, c’est de se demander à quoi, si on était à la place de l’autre, on serait

sensible. Et l’on trouvera toujours dans les réponses que l’on sera amené à se donner, deux

notions clé :

 

le respect de l’autre et l’exemplarité.

 

 

Il existe des foules d’idées à mettre en pratique. Elles sont regroupées en 8 thèmes, qui ne

sont évidemment qu’effleurés ici. Mais on se souviendra dans tous les cas que les solutions

doivent être simples et sincères, c’est-à-dire qu’elles sont

vécues

par les dirigeants. Il ne faut

pas non plus vouloir tout faire à la fois. Se concentrer d’abord sur une ou deux dimensions

sera déjà très puissant. On peut ainsi :

 

1.

 

Aider les collaborateurs à se sentir bien dans leur peau

 

: notamment par la manière de

leur parler, en respectant leur vie privée, leur propre développement, en les formant à un

bien-être personnel

 

2.

 

Savoir inspirer et faire confiance :

 

il s’agit notamment de laisser une marge de manoeuvre

aux collaborateurs et la conserver même s’il font une faute. La reconnaissance, la

valorisation des points forts, la mise en situation d’obtenir des succès et le propre « mea

culpa » sur les erreurs faites sont quelques éléments clé de cette rubrique.

 

3.

 

Responsabiliser plus que déléguer :

 

il s’agit de responsabiliser (et non pas de déléguer)

et d’appliquer le principe de subsidiarité (la décision doit être prise le plus près possible

du terrain), de déléguer en revanche vers le haut, en ayant les relations les plus simples

et les plus directes entre le client, la direction et l’opérationnel (simplifier les structures et

les processus). Il est évident que le fait d’introduire de telles mesures réclame

progressivité, formation, outils de pilotage. Mais ça marche, avec en prime plus de

productivité et plus de satisfaction.

 

4.

 

Jouer la vraie transparence :

 

les collaborateurs sont capables de comprendre les

décisions, de vivre mais aussi de relativiser les succès, et aussi de comprendre les

problèmes. Il n’y a pas pire sentiment que de savoir qu’on nous cache quelque chose, et

souvent de savoir ce qu’on cherche à nous cacher. Les relations de confiance se

rompent vite définitivement. Travailler dans des bureaux ouverts, dans certains cas

même sans place de travail allouée, y contribuera aussi … si la direction fait de même.

Les salaires peuvent aussi être transparents … si la politique le permet. Et si ce n’est pas

le cas, c’est aussi là qu’il faudra agir.

 

5. Donner du sens et une vraie direction :

 

 

la raison d’être de l’entreprise, sa vision seront

clairs et « désirables » pour chacun et s’exprimeront de manière imagée (le mieux, c’est

que l’image soit trouvée par les collaborateurs plutôt que par des spécialistes de la

communication). La vision se concrétisera dans des projets concrets, le pourquoi et le

comment seront expliqués, le rôle de chacun valorisé par rapport aux objectifs. Avoir de

grandes ambitions est nécessaire, mais il faut aussi savoir rester modeste.

 

6. Savoir écouter :

 

 

écouter vraiment, en se mettant dans la peau de l’autre, en sachant de

temps en temps dire oui, en recherchant plus les critiques (internes ou de clients) que les

éléments positifs, afin de poursuivre la progression. Sonder aussi les états d’âmes.

 

7.

 

Recruter de bons collaborateurs,

 

en laissant même les salariés se coopter (à condition

qu’ils aient été responsabilisés au préalable), en encadrant, écoutant et parrainant les

nouveaux, laissant partir les moins enthousiastes.

 

8.

 

Et s’assurer de garder les meilleurs :

 

en les associant aux résultats de l’entreprise, en

reconnaissant les performances et en les récompensant, en formant le plus possible, en

donnant des perspectives d’avenir, en réservant des surprises. Et surtout, on évitera

l’accoutumance à toute forme de récompense, qui deviendrait alors un dû.

 

Motiver, c’est donc simple, si…

 

Pour motiver, il faut donc se comporter en se mettant à la place du collaborateur.

« Comment je voudrais moi-même être traité ».

Il est certain qu’un cadre qui :

-

 

 

sait où il va

-

 

 

montre l’exemple

-

 

 

respecte profondément ses collaborateurs (et le respect n’est pas du laisser-faire)

-

 

 

cherche à les valoriser en valorisant leur potentiel,

-

 

 

n’est pas avare de son temps, de compliments, de conseils

-

 

 

sait écouter, avec de temps en temps une petite surprise,

-

 

 

n’a pas peur non plus d’engager meilleur que soi, ne craint pas la dynamique du succès,

ne peut que générer de l’auto-motivation autour de lui ; d

 

onc de l’implication, du plaisir, de la

confiance en soi et surtout du succès.

 

La capacité à motiver devrait certainement être l’une des premières qualités d’un manager. A

l’inverse, ceux qui ont tendance à démotiver, à déconsidérer, à laisser partir les meilleurs,

devraient être les premiers à être remplacés. A condition qu’auparavant, les supérieurs de

ces cadres aient montré l’exemple…

 

A noter :

 

1. La motivation n’existe pas en soi au niveau professionnel. Il s’agit de créer des conditions

qui permettent l’auto-motivation.

 

2. Ces conditions commencent par l’exemplarité et le respect de l’autre.

 

3. Toute une série de moyens sont disponibles et peu coûteux. Ils consistent en une réelle

responsabilisation des collaborateurs, en la valorisation de leur potentiel et de leur travail,

en la suppression des facteurs clé de démotivation (telles que des hésitations, des

lourdeurs administratives, des contradictions, des attitudes de « petit-chef » - p.ex. le

mépris - des privilèges, des incohérences de comportement, la non-acceptation

d’erreurs, …)

 

4. Former, respecter la vie privée, associer au succès sont aussi des moyens efficaces.

 

5. Quand il y a manque de motivation, il y a d’abord problème de management. C’est aux

cadres qu’incombe la responsabilité de créer les conditions de l’auto-motivation, de

s’assurer de garder les meilleurs et de recruter aussi des collaborateurs de qualité, en

sachant se priver des moins enthousiastes.

 

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 09:34

Avez-vous déjà désinstallé une application mobile parce qu'elle était difficile à utiliser ? Moi aussi. L'agence d'ergonomie digitale Miratech consacre sa dernière newsletter aux règles d'ergonomie pour les tablettes et les smartphones : "Comment faire une appli ou un site mobile qui marche ?". Après avoir réalisé plus de 400 tests utilisateurs, voici leurs premières conclusions :

"Pour faire une appli ou un site mobile qui marche, suivez deux règles basiques :

■ Règle n°1 : soignez l'intuitivité

■ Règle n°2 : les règles du web s'appliquent encore (presque) toutes au mobile

Si vous introduisez une nouvelle ergonomie ou de nouveaux services, pensez surtout à vos utilisateurs. Recueillez leur opinion et observez leur comportement. "

Côté éditorial, il s'agit d'être encore plus exigeant que pour un site Internet classique : faire ressortir l'essentiel de l'information en premier. Car plus que jamais sur une tablette ou un smartphone, l'espace disponible pour l'info est précieux. Il ne s'agit pas d'envahir votre utilisateur avec des mots inutiles mais bien d'élaguer votre texte pour ne garder que l'essentiel.

L'interface d'un smartphone, comme celle d'une tablette, est constituée principalement de mots. Au final, une application qui fonctionne donne à voir les bonnes informations au bon moment. N'hésitez pas à faire appel à un professionnel de la rédaction web pour vous aider à choisir et à rédiger ces textes. Car rien n'est pire qu'une mauvaise application mal pensée.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:12

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Christian Soleil - Syon House - London - 3/8/2011

 

LE POIDS REEL DE L'OPINION POPULAIRE

 

 

On entend souvent parler du « poids de l'opinion populaire ». Mais comment cette opinion se communique-t-elle à la masse au départ ? Aujourd'hui, avec le pouvoir de la télévision, de la radio et des réseaux sociaux sur l'Internet, une nouvelle croyance est une graine assez facile à semer, mais sa propagation au point de parvenir à un consensus semble néanmoins une tâche presque impossible.

Si une population comprend soixante millions d'individus, quel pourcentage faudrait-il convaincre pour faire pencher la balance ? Si une idée était un objet tangible que l'on puisse saisir et placer sur un plateau, la logique suggérerait que la balance pencherait quand on dépasserait la moitié de la population. Mais dans la réalité, les choses s'avèrent très différentes.

Des scientifiques de l'Institut Polytechnique Rensselaer à New York ont découvert que pour qu'une croyance puisse conquérir une population, il suffit de convaincre dix pour cent des individus qui la composent. Les chercheurs ont travaillé sur des modèles informatiques qui simulent l'adoption d'une idée et ils ont découvert que tant que le nombre de personnes qui adhèrent à une opinion reste inférieur à dix pour cent, il faudrait plus longtemps que l'âge de l'univers pour que ce groupe devienne majoritaire. Mais une fois que l'opinion minoritaire franchit la barre magique des dix pour cent, elle se comporte comme un train impossible à arrêter, en route pour la cité du consensus.

Pour tester leur théorie, les chercheurs ont développé des modèles informatiques de différents réseaux sociaux. L'un d'eux connecte chaque membre à tous les autres. Le second dispose seulement d'un petit nombre de leaders d'opinion connectés à un groupe important et, dans le dernier modèle, chaque membre a le même nombre de connexions. Chaque réseau fut développé avec une opinion de départ installée et traditionnelle. Chacun des membres tenait cette opinion pour vraie mais restait ouvert à d'autres points de vue. Une fois les réseaux en place, les chercheurs ont ajouté de « vrais croyants » : des membres dotés d'opinions radicales, qui croyaient dans une chose sans le moindre doute. En faisant interagir les « vrais croyants » avec les « détenteurs des opinions traditionnelles », on observait que la marée de l'opinion montait d'abord graduellement puis – à partir du seuil des dix pour cent – à une vitesse vertigineuse.

Le fondement du modèle se situe dans le fait que l'être humain n'aime pas détenir une opinion impopulaire – ce que certains sociologues ont appelé le « besoin de mimétisme » – et il cherche généralement à atteindre un certain consensus avec ses pairs. Quand une personne parle avec quelqu'un qui partage la même opinion, la conversation renforce leur croyance. Mais s'ils parlent avec une personne d'opinion différente, ils considèrent l'argument puis s'efforcent d'en discuter avec une tierce personne. Si cette tierce personne détient également une opinion différente, alors les personnes en question vont adopter cette croyance.

Les chercheurs on découvert que tant que le pourcentage des détenteurs d'une nouvelle opinion demeure inférieur à dix pour cent, peu de choses changent. Mais une fois que la barre magique des dix pour cent a été franchie, la nouvelle opinion se développe rapidement à la population. Ce processus explique comment une population rationnelle peut adopter une idée irrationnelle et devenir victime d'une hystérie de masse. Il explique aussi comment une idée qui a passé des décennies, voire des siècles, dans les limites d'une minorité de population peut soudain se généraliser et remettre en cause le status quo en très peu de temps.

Les chercheurs citent les récents événements en Tunisie et en Egypte – où des dictateurs qui ont tenu le pouvoir pendant des décennies ont soudain été basculés de leur piédestal – qui semblent montrer le même processus à l'oeuvre.

Autre exemple : Pendant les trois siècles qui ont suivi sa fondation, l'idée de la chrétienté a eu très peu d'impact sur la scène mondiale. Puis cette croyance semble avoir pris son envol et, en deux siècles, elle avait conquis la totalité de l'Europe. Cette accélération soudaine au milieu de l'an 300 après J.-C. Représente-t-elle le point de franchissement des fameux dix pour cent ?

Dans La Vie de Brian, l'équipe des Monty Python parodie la manière dont une proposition irrationnelle peut être saisie et suivie par un grand nombre de gens.

2011.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 08:09

FAIRE DU BUSINESS AVEC LES AMERICAINS

 

 

5 CONDITIONS POUR REUSSIR

 

  • Soyez toujours positif et clair sur ce que vous faites et qui vous êtes ;

  • Soignez votre réseau et rendez-vous visible ;

  • Livrez dans les temps et au prix prévu ;

  • Adoptez une approche détendue et amicale ;

  • Soyez un soutien : modifiez les propositions de vos partenaires si vous voulez, mais ne les rejetez pas ;

 

5 CONDITIONS POUR ECHOUER

 

  • Utilisez les euphémismes comme les Anglais et développez un humour sarcastique ;

  • Faites des commentaires non politically correct sur la sexualité, les races ou les religions ;

  • Suggérez que les Américains n'ont aucun sens de l'humour ;

  • Attendez le dernier moment pour informer vos partenaires d'un retard dans le projet ;

  • Sortez prendre une bière à l'heure du déjeuner.

 

VUE GENERALE

 

Tout devrait en principe être simple. Les Anglais et les Américains devraient faire des affaires facilement et immédiatement. Il arrive d'ailleurs que les choses se passent ainsi. Mais très souvent, il y a une incompréhension mutuelle, même entre ces deux pays pourtant liés par l'histoire et la proximité culturelle. Cela peut aller jusqu'au clash, d'autant plus surprenant entre des gens qui parlent la même langue. Pourquoi cette difficulté relationnelle ?

 

Les problèmes commencent avec le fait que l'Angleterre est un vieux pays, tandis que les États-Unis sont encore neufs. Les Britanniques, comme d'autres Européens, promènent avec eux une sorte de conscience du monde un peu cynique. Leur pays est surpeuplé et très cher, leurs infrastructures craquent de toutes parts et pendant une partie de l'année le temps y est à la grisaille et au crachin. Les Britanniques développent aussi quelques caractéristiques dont les Américains ne disposent pas. Parmi elles : la discrétion, l'euphémisme et un tendance à pratiquer un humour sardonique et acide. Les Britanniques qui veulent avoir un quelconque impact sur les Américains devraient mettre immédiatement au panier ces trois composantes de leur nature culturelle.

 

Ainsi, pour faire des affaires avec les Américains, il faut d'abord adopter la posture physique qui convient : poitrine en avant, épaules en arrière, tête haute et dos bien droit. Soyez fier de ce que vous êtes et de ce que vous faites. Soyez positif et optimiste. Exprimez-vous simplement et clairement et chassez de votre langage, si vous êtes Anglais, cet humour britannique corrosif qui risque fort de donner chez vos interlocuteurs des visages blancs et fermés, signe d'une irritation montante.

 

Les choses sont devenues plus compliquées depuis le 11 septembre 2001. La politique extérieure des États-Unis et son leadership un peu forcé ont gagné peu d'admirateurs à la cause de ce grand pays – la réaction anglaise n'a d'ailleurs pas tellement attiré les applaudissements non plus. Il en reste aujourd'hui un même sentiment antiaméricain en Europe et dans le reste du monde. Quels que puissent être vos sentiments à ce sujet, souvenez-vous que les Américains eux-mêmes sont des gens extraordinairement généreux et ouverts, et qu'ils ont une tendresse particulière pour les Anglais et les Européens.

 

VALEURS ET ATTITUDES

 

Malgré les difficultés que le pays a traversées ces dernières années, les Américains continuent de croire fermement dans le fameux « rêve américain ». Ils croient dans leur attitude légendaire de « can-do » : « nous en sommes capables ». Une attitude téméraire qui a pu les amener à commettre des erreurs monumentales : quand on est sûr de soi à tort, le résultat peut en effet s'avérer dramatique. L'explosion de la bulle internet en l'an 2000 l'a démontré. Les Américains croient aussi que les individus peuvent transformer leur vie par le travail. Ils aiment penser grand, et ils sont impressionnés par les statistiques qui suggèrent qu'un projet sera le plus grand dans son domaine, ou le premier, ou le meilleur.

 

Les Américains beaucoup plus que les Européens – et surtout que les Anglais – expriment leurs sentiments religieux et vont à l'église. Les visiteurs européens prendront donc garde à laisser de côté leurs remarques désagréables sur la chose religieuses, éviteront tout blasphème ou toute insanité propre à attirer le courroux de croyants remplis de certitudes, quand bien mêmes ces insultes passent fort bien sur l'ancien continent et font partie du quotidien. Souvenez-vous aussi que les États-Unis constituent une nation d'immigrés. La population hispanique, avec ses quelque 40 millions de ressortissants, a dépassé en nombre la population noire.

 

STYLE CULTUREL

 

On peut dire en simplifiant à peine la réalité que les Américains et les Anglais ont à peu de choses près le même profil culturel et comportemental. Les deux sociétés sont centrées sur le système et sur les tâches, elles sont informelles, strictes sur le timing et ne pensent pas que faire montre de ses sentiments puisse être utile dans les affaires. Les différences entre les deux cultures sont seulement une question de degré, pas de style. Les Américains pensent que pour les Britanniques le temps est important tandis que pour eux il est à la fois important et urgent. Ils peuvent être beaucoup plus informels que beaucoup d'Anglais et ils considèrent qu'ils sont aussi beaucoup plus centrés sur les objectifs et les cibles. Une chose est certaine : les Américains partageront avec vous des confidences personnelles voire intimes très facilement s'ils pensent que cela peut leur donner un quelconque avantage relationnel.

 

COMMUNICATION

 

Les Américains peuvent paraître trop sûrs d'eux pour beaucoup d'Européens. Ces derniers ne sont pas rares à s'en agacer. Ils parlent fort – plus fort que les Européens, même les Français ou les Italiens ! –, ils tendent à exagérer le langage du corps et ils développent même dans les pires circonstances un discours incroyablement optimiste. Ils adorent aussi employer des expressions imagées, comme : « He's right behind the eight ball » (Il est au sommet de son métier ou de son projet), ou encore : « I'm not going down that route » (Je ne veux pas parler de cela, ou aller plus loin dans cette direction).

 

Si vous essayez d'imiter tel ou tel trait de caractère américain, vous aurez l'air d'un Européen perdu au milieu de l'Atlantique. Mais si vous parvenez à projeter votre voix avec confiance, à vous adresser à toutes les personnes présentes dans un groupe ou dans une réunions au lieu de parler au seul animateur et à avoir l'air positif sur ce que vous proposez, vous pouvez gagner la partie.

 

Les Américains peuvent utiliser les prénoms dès la première minute d'une rencontre, tout de suite après vous avoir serré la main. Mais ne vous faites pas d'illusion : cela ne les empêchera pas de soumettre vos propositions à un feu de questions croisées. Concentrez-vous sur l'essentiel : Pour les Américains, le business est orienté sur les systèmes, ils veulent surtout savoir combien d'argent ils pourront gagner, et quand. Vous entendrez souvent des phrases du type : « Combien cela vous rapporte ? » ou bien « Vous atteignez vos objectifs ? » Les chiffres sont sacro-saints aux Etats-Unis, et ceux qui ne peuvent pas en citer ou qui n'atteignent pas les montants espérés peuvent déjà retourner à l'aéroport JFK pour prendre le premier vol pour Londres, Paris ou Berlin. On vous dira au revoir sur un ton positif, en vous regardant droit dans les yeux et en vous appelant toujours par votre prénom, mais c'en sera fini de votre rêve américain.

 

Si vous voulez conserver une attention correcte, faites des présentations de 30 à 45 minutes, et laissez beaucoup de temps pour le débat. Les Américains apprécient un style informel et l'usage de l'humour, mais assurez-vous que vos plaisanteries sont légères et qu'il n'y traîne pas le moindre zeste de cet humour britannique ravageur qui amène des regards courroucés à New-York ou à Baltimore. Soyez clair, précis et pertinent. Utilisez des expressions simples, directes, que vous délivrez rapidement avec de brèves pauses. Si votre développement convient à votre auditoire, attendez-vous à des réactions immédiates : « Absolument ! », « Tout à fait ! », « Fantastique ! », qui témoignent de leur foi en eux-mêmes et de leur attitude focalisée sur les objectifs et les réalisations. Si vous avez la chance d'avoir une nature qui vous permet de jouer avec votre auditoire tandis que vous avancez une proposition gagnante, ils vous apprécieront encore plus. Aux Etats-Unis, il faut avoir l'âme d'un animateur TV.

 

Bien que les Américains puissent paraître souvent très directs, au point de paraître vulgaires aux tenants d'une courtoisie très « vieil Empire », souvenez-vous que leur usage de la langue est très différent de celui des Européens et, dans ce cas, surtout des Anglais. Quand ils vous disent : « Passez-moi ce dossier ! », ils veulent dire exactement la même chose que quand un Britannique dit : « Pourriez-vous avoir l'obligeance de me faire passer ce dossier, s'il vous plaît ? » Ils ne sont en aucun manière discourtois, en tout cas ils ne cherchent pas à l'être. Les Hollandais, les Scandinaves et les Allemands s'expriment souvent d'une manière similaire.

 

Les prénoms, un style informel et l'humour sont largement utilisés aux Etats-Unis, même si les termes « Sir » et « Madame » peuvent être employés avec des étrangers comme une marque de courtoisie. On se serre volontiers la main quand on arrive au travail, quand on entre dans une salle ou en début de réunion. Un comportement « amical » est le plus souvent la règle. Cela fait partie de la culture « Have a nice day » chère aux Américains.

 

ORGANISATION

 

La ponctualité est une valeur cruciale aux Etats-Unis, parce que le temps, c'est de l'argent. Débutez et terminez toute tâche le plus rapidement possible, et répondez aux courriels et aux messages vocaux dès que vous le pouvez, en tout cas dans les 24 heures impérativement. Quand ils sortent le soir, les Américains consultent leurs mails et y répondent à leur retour, juste avant d'aller se coucher, et quelle que soit l'heure. Une pratique que les experts du stress management ne recommanderaient certainement pas pour garantir une bonne nuit de sommeil. Ils prennent des vacances brèves, et moins souvent que les Européens. Mais même dans ces périodes, ils lisent leurs mails au moins tous les deux jours dans la plupart des cas.

 

Les heures de bureau aux Etats-Unis correspondent à la plage de 8h00 à 17h00. Mais cela peut bien entendu varier selon le type d'activité. Déjeuner à son bureau est une habitude couramment admise. Le déjeuner qui dure deux heures et arrosé d'alcool n'a pas la cote aux Etats-Unis, ou en tout cas il a été oublié depuis fort longtemps.

 

REUNIONS ET NEGOCIATIONS

 

Les réunions aux Etats-Unis visent toutes le même type d'objectifs : prendre des décisions. On ne se regroupe pas autour d'une table pour un simple échange de vues ou pour passer le temps. Souvenez-vous : Le temps, c'est de l'argent. Par ailleurs, vous avez intérêt à être très clair avec vos objectifs dès le départ. Les gens ne sont pas toujours très bien préparés pour les réunions, ils n'ont pas toujours consulté leurs dossiers avant d'arriver en salle, mais cela ne les empêchera pas de commenter vos propositions. La tenue vestimentaire est le plus souvent informelle, comme la posture sur la chaise, mais les discussions suivent précisément l'ordre du jour.

 

Arguments, confrontations, débats sont considérés comme constructifs et font partie du quotidien du dans le monde des affaires américain. Un style de négociation assez rude est souvent la règle, ce qui peut apparaître assez vulgaire aux étrangers. Mais les Américains préfèrent exprimer leur désaccord franchement : « Vous plaisantez ? » Il faut considérer que cela fait aussi partie d'une atmosphère informelle et amicale. Faites preuve d'humour, dites toujours ce que vous pensez, y compris devant des seniors plus échaudés que vous, et soyez prêts à tout oublier et à tout recommencer si vous perdez la partie.

 

Surtout, essayez de n'avoir l'air ni trop lent ni trop démodé, évitez d'entrer trop dans les détails. L'art de la concision et de la synthèse est un must « incontournable » comme disent les journalistes. Les négociations sont en général traitées assez rapidement, et sont surtout focalisées sur les chiffres. Il n'est pas rare de faire des concessions quand le temps commence à se réduire ou à manquer, quand dans d'autres cultures on préférerait sans doute faire un break et reporter la décision finale à une réunions ultérieure. De même, on prend souvent des décisions de principe, et tout le monde est alors très content de reporter les détails à plus tard.

 

ESPRIT D'EQUIPE

 

Aux Etats-Unis, les équipes sont en général constituées sur la base des compétences individuelles. La passion de l'innovation et la réputation d'obtenir des résultats sont des facteurs essentiels pour se voir sollicité afin d'intégrer un groupe professionnels ou un projet. Il existe également une profonde préoccupation pour le respect d'une égalité des chances en ce qui concerne l'âge, le genre ou la « race » comme on le dit de l'autre côté de l'Atlantique. Les membres de l'équipe placent souvent leurs objectifs personnels avant ceux de l'organisation à laquelle ils appartiennent mais ils les alignent volontiers à ceux de l'entreprise. La compétition à l'intérieur de l'équipe est encouragée parce qu'elle est censée être porteuse d'une tension créative. Les membres de l'équipe s'attendent à être consultés et ils ont le plus souvent des idées personnelles sur les enjeux du groupe. Les dates butoirs sont considérées comme fixes, et il n'est pas rare de faire des heures supplémentaires pour finaliser un projet dans les temps impartis.

 

Aux Etats-Unis, on suppose que vous êtes prêts à travailler dur et longtemps, à faire montre d'un maximum d'énergie et d'enthousiasme et à être volontaires pour tout ce que vous pensez pouvoir accomplir. Vous devez comprendre les buts et les motivations des autres membres de l'équipe, mais être présent et défendre votre bout de gras. Vous devez surtout vous assurer que votre contribution au travail de l'équipe soit reconnue comme essentielle dans cet environnement hautement concurrentiel. Trop de modestie ou de soumission, ça ne marche pas de ce côté-là de l'Atlantique.

 

LEADERSHIP ET PRISE DE DECISION

 

Les managers américains sont supposés diriger dans un style qui génère de la confiance parmi l'équipe. Les leaders durs qui obtiennent des résultats sont particulièrement appréciés. Mais dans le même temps, les managers doivent aboutir à des décisions après avoir consulté leurs équipes et leurs collègues. Ils doivent parvenir à convaincre ces derniers par la logique plutôt que par les sentiments ou l'intuition. Un style autocratique n'est pas apprécié. Il s'agit avant tout d'inspirer, de faire adhérer si l'on veut être suivi.

 

Les cadres sont surtout focalisés sur les buts, l'action et les dates butoirs, ce qui peut conduire à une pratique « court-termiste ». L'échec n'est pas rédhibitoire, surtout si le manager a choisi de prendre des risques assumés, par exemple sur un nouveau marché avec une technologie innovante. Mais des échecs répétés, notamment quant à la tenue des délais, voilà qui mène tout droit à la démission.

 

Fixez des objectifs élevés pour vous-mêmes et pour les autres, et donnez des ordres clairs et formulez des opinions tout aussi directes. Les Américains se sentent souvent très mal à l'aise avec ce qu'ils considèrent comme une forme de timidité européenne – surtout britannique – quand il s'agit de dire à ses collaborateurs ce qu'ils doivent faire ou d'exprimer un désaccord. Pessimisme et hésitation sont deux attitudes à bannir sur le sol américain. Prenez la responsabilité de la mise en œuvre des décisions, soyez prêts à tout remettre en cause et à tout reprendre à zéro si nécessaire, et faites preuve de tolérance à l'égard des erreurs, des échecs et des retards éventuels.

 

Aux Etats-Unis, il n'y a pas de barrière à la promotion des femmes, quel que soit le secteur d'activité. Les salariés des deux sexes reçoivent le même salaire pour un travail identique. Il y a beaucoup de femmes dans le personnel d'encadrement et notamment dans la mode, les cosmétiques, les arts et les médias. Les Américains sont très sensibles au langage sexiste, y compris à l'usage des pronoms masculins quand on se réfère à la fois aux hommes et aux femmes. Si vous rédigez un plan d'affaires visant les publics qui voyagent par avion, par exemple, vous devrez écrire : « Il ou elle doit réaliser une moyenne de six voyages par an, » plutôt que plus simplement : « Il doit réaliser... » C'est un peu lourd et parfois assez compliqué à formuler, mais sur ce plan il est préférable de respecter l'étiquette. Il est illégal aux Etats-Unis de demander l'âge, le statut matrimonial ou le nombre d'enfants à des employés potentiels, et des expressions familières comme «Honey » sont à bannir absolument.

 

VIE SOCIALE ET CADEAUX

 

Comme beaucoup d'aspects de la vie américaine, les relations sociales et les sorties avec vos partenaires professionnels sont souvent très informelles. Les Américains on l'habitude de manger très tôt : le déjeuner se prend vers midi, et le dîner à six heures. Les déjeuners sur le pouce sont désormais la norme, et les réunions autour d'un sandwich ou d'un plateau-repas sont très courantes. Il n'est pas très bien vu de boire en grandes quantités ou avec trop d'enthousiasme. Mais les Américains se rattrapent quand ils sont à l'étranger, notamment en Europe, où il leur arrive de décompenser. Si vous fumez, vous vous sentirez de la race des parias. Si besoin est, rejoignez la troupe de ceux qui sortent sur le trottoir, ou demandez s'il est permis d'en griller une là où vous êtes si vous avez le moindre doute. Les tenues vestimentaires sont d'une élégance décontractée, ce qu'on appelle outre-Atlantique le style smart casual, notamment sur la West Coast où il est de bon ton d'être cool.

 

Les Américains vous invitent très facilement chez eux. Faites attention à bien arriver à l'heure, comme pour tous les rendez-vous que vous aurez sur place, et prenez le numéro de téléphone de vos hôtes avec vous pour les prévenir impérativement en cas de retard ou de problème quelconque. Songez à partir vers 22h00. La plupart des Américains se couchent tôt et se lèvent tôt.

 

Idées cadeaux : le vin, les fleurs. Un bon Scotch était très apprécié jadis, mais les Américains boivent aujourd'hui beaucoup moins, ou ils préfèrent des alcools plus légers.

 

QUELQUES SUJETS DE CONVERSATION

 

Pour briser la glace

 

  • la gloire de leur immense pays, la gentillesse légendaire du peuple d'Amérique ;

  • l'histoire de l'Europe, notamment celle de la famille royale d'Angleterre : les Américains adorent ;

  • la télévision américaine et les grands succès du cinéma américain en Europe.

 

Pour casser l'ambiance

 

  • commencez un débat sur la politique étrangère des États-Unis ;

  • moquez-vous de la guerre du Vietnam (quelque 60.000 Américains y ont péri) ;

  • lancez quelques blagues ou sous-entendus sexuels.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 15:01

 

Bien gérer son image

Prendre de conscience de l’image qu’on projette et agir pour la rendre plus vraie.

Christian SOLEIL

 



L'image de soi. On y pense particulièrement au stade où l'on sent que l'image professionnelle est importante, pour les autres. Comment gérer son image de soi ? Comment l'image que l'on renvoie aide-t-elle dans la confiance en soi ? Ce dossier vous propose 3 conseils à contre-courant pour gérer son image professionnelle.

 

Gérer son image de façon professionnelle, c’est se demander constamment  les autres nous perçoivent.

 

Gérez-vous bien votre image ? De façon professionnelle ?

 

Les pensées négatives

 

Vous pensez que l’image de soi, ça n’a pas d’importance ? Que vous avez assez confiance en vous pour ne pas vous focaliser sur une question aussi anodine ? Alors vous gérez probablement mal votre image.

 

Le vrai visage

 

Gérer son image, c’est prendre soin à être perçu par les autres comme on est vraiment. Sans les distraire par des détails qui modifient leur perception. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas en se faisant remarquer que l’on est perçu selon son vrai visage.

 

3 conseils essentiels

 

            1. Rester soi-même avec les personnes importantes :

 

Les personnes importantes sont difficiles à atteindre. Il faut commencer par obtenir leurs contacts, ce qui est bien difficile. Ensuite, il faut essayer de les joindre sachant que ces personnes sont très occupées (au moins autant que vous). Pour améliorer les chances de succès, il reste encore à se faire présenter par une tierce personne que nous connaissons avec la personne importante.

 

Les enjeux prennent immédiatement des proportions très importantes : on dépense beaucoup de temps pour se faire présenter ou pour obtenir les contacts. Ensuite, on est tentés d’accepter toutes sortes de concessions qui rendent le début de la relation très déséquilibré : ne pas pouvoir choisir la date et le lieu, devoir voyager pendant xx heures pour une rencontre d’une heure, etc.

 

Cela crée des situations dans lesquelles on se sent d’emblée inférieurs puisqu’il a été très difficile ne serait-ce que de pouvoir joindre la personne importante.

 

Cette image reflète-t-elle vraiment la propre image que vous avez de vous même ? Est-ce vraiment vous, au final ? Est-ce que le temps passé en vaut la chandelle ?

 

Existe-t-il des moments, des lieux et des occasions qui ne permettraient pas de rencontrer les personnes importantes des conditions plus favorables pour la relation ?

 

Avoir conscience de sa propre image même avec des gens très importants, c’est un grand pas pour gérer son image de soi.

 

            2. Se comparer avec les perdants :

 

Le travail est très souvent question de perception. Une étude récente montre que si les gens pensent que vous êtes quelqu’un de bien, alors ils perçoivent votre travail comme bon. Et l’inverse est vrai : si les gens ne vous aiment pas, ils perçoivent votre travail comme mauvais. Même si vous êtes un génie !

 

Donc, il est important de communiquer sur les bonnes nouvelles, les événements et ce que vous  faites au travail qui font de vous quelqu’un de méritant… selon des points de référence que vous partagez avec les personnes concernées.

 

Le problème ici est de trouver le juste milieu entre se positionner comme une superstar… et se sentir bien avec le travail accompli. L’autosatisfaction, c’est pour les perdants. Le perfectionnisme aussi…

 

Une autre étude américaine s’est intéressée aux résultats des Jeux Olympiques. Elle montre que les gens qui ont gagné une médaille de bronze sont plus heureux que ceux qui ont gagné la médaille d’argent. La raison est que les médaillés d’argent se comparent aux médaillés d’or. Alors que les médaillés de bronze se comparent à tous ceux qui n’ont même pas eu de médaille.

 

Si vous vous comparez à des personnes qui ont un niveau en dessous du vôtre, au travail… et que vous sentez que le travail marche bien pour vous, alors vous serez plus heureux. C’est trivial… sauf qu’il faut savoir que les gens heureux travaillent mieux. Même mieux que les personnes importantes.

 

Cette seconde étude se conclut de cette façon : être joyeux, ce n’est pas un trait de caractère, mais un talent. Il faut trouver le juste milieu entre le travail accompli et la satisfaction que l’on a de ce travail. Cela montre que la satisfaction au travail est plus mentale que matérielle. Pour caricaturer, on peut être insatisfait d’un très bon boulot, ou très satisfait d’un travail mal fait.

 

N’hésitez donc pas à reconnaître vos succès, et votre satisfaction en pensant à ce juste milieu. De cette façon, il sera plus simple et plus naturel de faire reconnaître vos qualités sans donner de fausses impressions.

 

Pour la plupart des gens, cela signifie se comparer avec les mauvais. Pourquoi pas, tant que vous continuez à vous améliorer et que vous restez les pieds sur terre.

 

            3. Dépenser de l’argent pour son image :

 

Vous avez sans doute entendu parler du scandale de la colistière de John McCain aux élections présidentielles américaines. Sarah Palin a dépensé 150.000$ en nouveaux vêtements. Si vous ne comprenez pas pourquoi elle a besoin de ces vêtements, vous ne dépensez probablement pas suffisamment pour votre propre image.

La clef pour savoir combien d’argent dépenser pour l’image de soi est de savoir combien les gens paient pour cela. Si vous avez ce chiffre, alors vous avez vos limites. J’ai été surpris il y a quelques années par une amie qui se lançait dans la création d’une entreprise. Nouvelle coupe de cheveux, nouveaux vêtements, très propre sur elle. Elle m’a dit qu’elle avait changé sous les conseils de… son banquier. En version courte, il lui a dit qu’elle n’avait pas un “look de chef d’entreprise“.

A posteriori, il avait raison ; et la personne que j’avais en face de moi portait les codes d’une chef d’entreprise tout en étant restée elle-même.

Image de soi : l’habit fait le moine

Qu’on le veuille ou non, l’adage “L’habit ne fait pas le moine” est complètement faux. Surtout lorsqu’on crée ou qu’on dirige son entreprise ou quand on est manager au sein d’une entreprise. L’adage le plus correct pour refléter cette différence de perception serait “on vit sur la même planète, mais on n’est pas dans le même monde“.

Si vous allez voir un banquier, pour être 100% crédible à ses yeux, vous devez vous habiller au moins aussi bien que lui. Il en est de même pour un client potentiel.

Nous sommes d’accord, ce n’est que de l’apparence. Vous n’avez pas besoin de vous habiller chic pour savoir ce que vous valez. Ce que vous valez vraiment n’est pas contenu dans le prix de votre coupe de cheveux.

Toutefois, si vous voulez appartenir à un certain niveau, vous devez payer ce que les autres personnes paient pour être à ce niveau. Le travail, c’est comme un club. La bienséance fait que l’on appelle ce club un “milieu professionnel”. Vous êtes jugé et catalogué avant même d’avoir pris la parole. Si votre apparence, si votre image de soi correspond aux codes de ce club, alors vous pourrez en faire partie. Sinon, non.

C’est encore plus vrai en cas en période de crise. Si un marché ou une économie se casse la figure, vous vous rapprocherez naturellement, inconsciemment des personnes qui ne semblent pas souffrir de difficultés financières. Il en est de même pour chacun de nous.

 

En conclusion : 3 conseils rapides pour gérer son image professionnelle Pour conclure, gérer l’image de soi c’est… :

 

Accepter d’être jugé sur son apparence avant tout, même si cela ne nous convient pas

Trouver le juste milieu entre autosatisfaction/perfectionnisme et être satisfait d’un travail à sa juste valeur

Considérer qu’on peut vivre dans un monde différent tout en étant sur la même planète… et qu’il faut se conformer à certains codes pour appartenir à un monde…

… tout en restant soi-même…

 

Méthodologie

 

1. Demander à ses amis ou « contacts amicaux » de nous dire sincèrement quelle a été leur première image de nous (avec des mots neutres si possibles) ;

2. Faire la synthèse des avis collectés et analyser les implications positives et négatives de l’image projetée ;

3. Définir l’image que l’on voudrait donner : comme on le ferait pour définir le positionnement d’un produit ou d’une marque, c’est-à-dire en tenant compte de la crédibilité de l’image à projeter (correspond-elle à une réalité perceptible par ailleurs : niveau d’études, pratiques personnelles, comportement général, etc. ?), de l’attractivité de cette image (correspond-elle à une attentes de nos clients, de nos collaborateurs, de nos partenaires ?), du caractère distinctif (est-ce bien là le reflet de ma personnalité ou une image idéalisée et standardisée ?) et de la durabilité de cette image (pas question de changer d’image tous les lundis : la schizophrénie fait peu d’émules…) ;

4. Lister les points à travailler sur l’image proprement dite, et surtout la première image : cela concerne la coiffure, le rasage, la qualité de la peau, le style vestimentaire (en rapport avec les pratiques personnelles : voiture qui froisse, change nécessaire si l’on part pour la journée, etc.) ;

5. Fixer un budget et un « timing » et définir qui fait quoi : que faire soi-même, que confier à un coiffeur, un institut de beauté, une relookeuse, etc.

 

 Christian Soleil

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 14:41

2.       MAÎTRISER LA PHRASEOLOGIE

 

Si les mots constituent le matériau avec lequel vous habillez les idées, leur usage nécessité évidemment une certaine coupe et un certain style. Votre coupe et votre style, bien sûr. C’est pourquoi une bonne connaissance de la grammaire et de la syntaxe d’une part, et une sélection adroite des mots sont des fondements absolument nécessaires à une bonne expression écrite ou orale.

1.       Grammaire

Tout orateur  ou rédacteur devrait maîtriser correctement la grammaire de la langue qu’il emploie. Si cela n’est pas le cas parce que l’enseignement élémentaire qu’on lui a prodigué à l’école était inadapté, il va devoir améliorer ses bases rapidement. S’il existe des ouvrages de grammaire rédigés pour les écrivains, il est en revanche bien plus difficiles d’en trouver adaptés pour les orateurs.

Bien sûr, la grammaire est la grammaire, et les règles sont censées être les mêmes à l’oral qu’à l’écrit. Pourtant les techniques d’écriture et de prise de parole sont sensiblement différentes. L’écrivain peut sélectionner et modifier les mots à loisir. L’orateur est contraint de se reposer sur des effets rapides et immédiats. Il doit trouver sans avoir le temps d’y réfléchir le mot qui traduira le plus exactement son idée tout en communiquant un sentiment ou une émotion adaptée à sa personnalité, à l’atmosphère du moment, à la qualité de perception de son public. Il lui revient la tâche extrêmement complexe de prononcer un discours éclairant autour d’une idée neuve en des mots colorés.

Le but de l’orateur est d’impressionner le public avec ce qu’il dit plutôt qu’avec comment il le dit. La grammaire doit être automatiquement correcte : il n’a pas le temps de la penser. On peut lui pardonner ici ou là un élan d’enthousiasme provoquant un usage ponctuellement douteux de la syntaxe parce que l’esprit créatif, dans le feu de l’action, l’a considéré comme secondaire face à la force de l’idée à communiquer. Mais cela doit rester l’exception.

Il ne s’agit pas de dire que vous pouvez parler de manière incorrecte, mais de convenir que la force d’une idée et la sincérité de l’orateur peuvent couvrir d’assez nombreuses fautes mineures. Pour autant, si vous avez des lacunes lourdes en grammaire, je ne saurais trop vous enjoindre à entreprendre quelques révisions. Les ouvrages à ce sujet ne manquent pas, même si, je le disais il y a un instant, ils sont souvent plus adaptés à l’écrit qu’à l’oral.

Quelques conseils pratiques cependant pour ceux notamment qui, malgré une maîtrise courante de la langue, continuent de faire quelques erreurs fréquentes, à  l’oral ou à l’écrit. Que surveiller en priorité, et comment améliorer son style verbal ou rédactionnel ?

Utiliser des verbes précis

Première chose : les verbes. Prenez l’habitude d’employer le plus possible des verbes précis, car ils donnent de la nervosité à la phrase et en facilitent la compréhension. Au besoin, faites-vous des listes de verbes d’action dans votre carnet pour améliorer votre style. Ainsi, plutôt que des verbes « flasques » comme « faire », ou « voir », utilisez des verbes comme :

Pour « faire » : « réaliser », « entreprendre », « émettre », « effectuer », « constituer », etc.

Pour « voir » : « déceler », « remarquer », « constater », « analyser », « étudier », etc.

En clair, si vous sentez, dans votre auto-analyse, que vous employez trop souvent un même verbe dont le sens est un peu trop « caméléon », faites sur ce terme un travail de recherche de synonymes comme nous l’avons « vu » -tiens, encore lui ! – au chapitre précédent, et procédez à l’intégration progressive des termes nouveaux pour enrichir votre langage.

Supprimer les expression inutiles

Le discours peut parfois être inutilement alourdi par des expression inutiles qui empêchent l’idée d’accéder directement au public. Ainsi : « Je suis devenu un spécialiste dans le domaine des finances publiques. » Il sera plus simple et plus clair de dire : « Je me suis spécialisé dans les finances publiques » ou « Je suis spécialiste des finances publiques. »

De manière générale, pour prolonger cette idée d’aller au plus simple quand cela favorise une meilleure et plus dense communication de la pensée, il vaut toujours mieux un mot bref, connu de tous et clair, qu’un mot plus long, moins connu et éventuellement ambigu. Par exemple, « vite » est meilleur que « rapidement » ; « sens » est meilleur que « signification » ; « très » est meilleur que le long et douloureux « extrêmement » - il est vrai que de nos jours on le remplace encore par « excessivement », ce qui donne des horreurs.

Evitez aussi les longues périphrases, mais cela devrait diminuer si vous faites le travail suggéré au chapitre précédent sur le vocabulaire. Ainsi, « une somme portée en diminution de mon compte » s’appelle « un débit » : tellement plus clair, plus net et plus simple ! « Ignorer » est plus vif que « Ne pas connaître », etc., etc.

Remplacer les subordonnées relatives

Les subordonnées relatives ne sont pas des erreurs ni des fautes. Elles structurent la langue française et sont très utiles. Mais à l’oral, la meilleure compréhension s’obtient par des phrases courtes et/ou fluides. Alors le plus souvent, mieux vaut remplacer les subordonnées par des noms, des adjectifs qualificatifs, des participes passés, des adjectifs possessifs, des infinitives, voire de simples appositions. La compréhension, même quand ce procédé ne raccourci pas la phrase, est améliorée grâce à la meilleur fluidité de la ligne.

Par exemple :

-          « La dame dont le chien est noir… » devient « La dame au chien noir… » ;

-          « Le dernier voyage que vous avez fait… » devient « Votre dernier voyage… » ;

-          « … dont nous ne sommes pas responsables » devient « … indépendants de notre volonté » ;

-          « Ces lenteurs administratives que nous déplorons… » devient « Ces lenteurs administratives regrettables… » ;

-          « Stéphane Gonzales, qui est un important agent… » devient « Stéphane Gonzales, important agent… » ;

-          « Je ne peux pas vous garantir que cet ouvrage est disponible. » devient « Je ne peux pas vous garantir la disponibilité de cet ouvrage. »

De quelques incorrection fréquentes

Surveillez aussi les pléonasmes : certains sont très fréquents et font sourire, ce qui perturbe votre communication :

-          « Descendre en bas » ;

-          « Monter en haut » ;

-          « Des perspectives d’avenir » ;

-          « Comparer ensemble »…

Ce qui est dit une fois clairement a sans doute besoin d’être répété malgré tout pour être bien assimilé, mais peut-être pas aussi vite.

De même pour les solécismes :

-          « Aller au coiffeur » pour « Aller chez le coiffeur » ;

-          « Partir en Italie » pour « Partir pour l’Italie » ;

-          « A proprement dire » pour « A vrai dire » ou « A proprement parler » ;

-          « Nous sommes placés devant une double alternative : accepter ou refuser » pour « Nous sommes placés devant une alternative : accepter ou refuser » ;

-          « De manière à ce que » pour « De manière que » ;

-          « Lire sur le journal » pour « Lire dans le journal » ;

-          « Pallier à un inconvénient / un problème / une difficulté » pour « Pallier un inconvénient / un problème / une difficultés » ;

-          « Avoir convenu de » pour « Être convenu de » ;

-          « En égard à » pour « Eu égard à » ;

-          « A notre dépens » pour « A nos dépens » ;

-          « Je vous serais gré » pour « Je vous saurais gré »…

Ou encore les barbarismes et anglicismes :

-          « Suite à » pour « A la suite de » ;

-          « Solutionner » pour « Résoudre » ;

-          « La parution d’un livre » pour « La publication d’un livre » ;

-          « Conséquent » pour « Important » ;

-          « Excessivement » pour « Extrêmement » ;

-          « Briefing » pour « Réunion préparatoire » ;

-          « Lasser de » pour « Laisser de » ;

-          « D’avance » pour « Par avance » ;

-          « Par contre » pour « En revanche » ;

-          « Listing » pour « Liste » ou « Fichier »…

Ou enfin les confusions de paronymes :

-          « Effraction » et « Infraction » ;

-          « Acceptation » et « Acception » ;

-          « Incident » et « Accident » ;

-          « Passager » et « Passant » ;

-          « Attention » et « Intention » ;

-          « Notable » et « Notoire »…

Il faudrait également parler :

-          des expressions employées à tort ou à travers, comme « faire long feu » qui signifie « durer le temps d’un éclair », donc, en gros, « ne pas durer », et non l’inverse comme on le croit parfois ;

 

-          des problèmes du genre méconnu de certains mots comme « réglisse »,  « camée », « ail », « apostrophe », « acrostiche » et tant d’autres ;

 

-          du genre très changeant des mots « amour », « orgue » et « délice » qui sont masculins au singulier mais deviennent féminins au pluriel ;

 

-          de la spécificité du mot « gens » qu’on accorde au féminin dans la partie de la phrase qui précède le mot, et au masculin dans la partie qui suit – « Instruites par l’expérience, les vieilles gens sont parfois soupçonneux » ;

 

-          de la particularité du mot « œuvre », féminin quand il désigne un tableau, un livre, une action artistique unique – « La Joconde est l’œuvre la plus célèbre de Léonard de Vinci » - mais masculin quand il désigne l’ensemble des travaux d’un artiste ou l’ensemble des actions d’un politique – « L’œuvre accompli par Alexandre le Grand est un des plus ambitieux, des plus grands et des plus nobles que notre civilisation ait connus » - ;

 

-          de celle du mot « espace », masculin dans le cas général mais féminin aussitôt qu’il désigne, en typographie, l’intervalle entre deux caractères – « il faut rajouter une espace entre ces deux mots » - ;

 

-          rappeler que la locution « après que » appelle l’indicatif et non le subjonctif puisqu’elle précède une action passée donc connue et, partant, certaine, alors que le subjonctif est le temps de l’irréel : « Longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues, » chantait Charles Trenet qui pensait à Jean Cocteau mais qui aurait pu parler de lui.

 

-          Rappeler que « succéder » ne prend pas de « s » à la forme pronominale – « Les examens se sont succédé » - parce qu’on estime qu’ils se succèdent l’un à l’autre.

Pour corriger ou diminuer toutes ces difficultés, deux méthodes existent : soit vous estimez que vous avez un gros travail de fond à effectuer, et vous suivez une formation spécifique sur les difficultés de la langue ou vous achetez un ouvrage de fond sur ce thème ; soit vous savez que vous faites quelque fautes, alors chaque fois que vous rencontrez, dans un journal ou dans un livre une expression correcte que vous avez l’habitude de mal employer, vous la relevez dans votre carnet.

Deux règles fondamentales du bon rédacteur ou orateur

L’expérience m’a enseigné qu’un bon rédacteur respecte notamment deux points clefs :

a)      Placer les pronoms relatifs près de leur sujet :

« Nous rencontrons des problèmes chez nos clients qui sont importants » : Qu’est-ce  qui est important ? Les problèmes ou les clients ? Il faut donc choisir, par exemple, l’une ou l’autre des deux formulations suivantes : « Nous rencontrons d’importants problèmes chez nos clients » ou « Nous rencontrons des problèmes chez nos plus importants clients ». Je vous passe le célèbre « Vente d’un piano par dame professeur de musique avec des pieds sculptés » !

b)      Séparer les idées secondaires par une ponctuation adaptée :

Cette règle suit le principe de la ponctuation écrite. Mais elle est aidée par l’intonation de la voix. Si une ponctuation juste n’est pas respectée, le lecteur peut ne plus comprendre le sens de la phrase, surtout si cette phrase est complexe dans sa structure, longue, et comprend des mots peu clairs. Phrases courtes, simples, genre sujet-verbe-complément, sans « parenthèses » ou sans incises au sein du discours, faciliteront la compréhension de vos idées par le lecteur.

Essayez de lire ce texte à haute voix en marquant la ponctuation pour lui donner sens. Vous prendrez conscience de l’importance de la ponctuation (ici orale) pour donner sens à un discours.

« Au crédit de Jackie il faut reconnaître qu’elle respecta leur gigantesque contrat prénuptial contrairement à lui après la mort de son fils dans un accident d’avion il n’eut qu’un obsession il était persuadé qu’elle avait le malochio le mauvais œil et tenta de l’écarter de son testament elle fut obligée d’utiliser les Kennedy pour menacer la fille d’Ari Christina finalement Christina fut informée que si elle ne s’acquittait pas de sa dette envers Jackie aucun navire de la flotte Onassis n’accosterait plus jamais dans un port américain à Zurich Christina fit un chèque de plus de 20 millions de dollars avant même que l’encre n’ait eu le temps de sécher Jackie lui arracha le chèque des mains pour se venger Christina alerta le fisc juste au cas où Jackie aurait oublié de leur déclarer cet argent sereinement  Jackie obligea ensuite Christina à lui donner l’argent qu’elle devait ainsi reverser aux impôts[2]… »

2.       Sélection des mots

Il existe de très nombreux exemples de textes qui jargonnent à outrance et perdent toute clarté parce qu’ils s’éloignent à l’excès des réalités qu’ils décrivent. Non pas dans un but de recul intellectuel bien senti, mais parce que l’intelligence, quand elle manque, tend à se réfugier dans ce qu’elle croit la grandir : la complexité feinte, qui mime la pensée profonde. Platon était un immense philosophe : son écriture était lumineuse. Certains textes juridiques contemporains sont écrits dans une langue qu’on n’ose à peine appeler française. Et que dire des délires incompréhensibles – parce qu’insensés dans la pleine acception du terme ?

Bref, des phrases courtes, claires, simples sont plus faciles à dire, plus aisées à comprendre, et beaucoup plus fortes. Quand la BBC annonce « La position au regard de la France paraît sérieuse », Churchill déclare à la Chambre des Communes : « Les nouvelles de la France sont très mauvaises ». Concision, force, absence totale d’ambiguïté, sens dramatique : le traitement de l’information, en tout cas pour cette introduction, est évidemment bien meilleure dans la seconde version que dans la première.

L’euphémisme peut souvent être exagéré ou mal compris et détruire un discours. Voilà pourquoi il vaut mieux manier cette forme d’expression avec modération et finesse. Je me souviens d’une conférence sur Erik Satie par une de ses biographes italiennes qui se terminait sur un ton pseudo-poétique par ces mots : « A ce moment-là, Erik n’était déjà plus tout à fait de ce côté de la vie… » Une dame à côté de moi se tourne vers sa fille et lance : « Tu crois qu’il est mort ? »

3.       Sens des mots

Une étude même superficielle de mots révèle que bien peu d’entre eux ont une signification universelle, chaque utilisateur les interprétant différemment en fonction de l’idée qu’il souhaite véhiculer. De telles variations sont introduites par les inflexions de la voix et le contexte du discours. Quand Henry Kissinger parle de « démocratie », il pense à un système où les dirigeants politiques, choisis par les grandes firmes, défendent les intérêts de ces dernières contre l’intérêt général, où l’on joue à la guerre pour conforter les recettes du lobby de l’armement et où l’on s’invente des ennemis monstrueux là où il n’y a en général que des adversaires exsangues. Ce sont les Etats-Unis de Nixon, pas si différents de ceux de Kennedy, de Carter, de Ford, de Bush père, de Clinton ou de Bush fils. Rien à voir avec la notion de démocratie telle que l’entendaient les pères fondateurs de la grande Amérique. Et que dire de la notion française, obsédée par son élection au suffrage universel direct du président de la République ? Quel rapport avec les pays du nord de l’Europe, où la démocratie suppose une réelle participation des citoyens, un véritable contrôle de l’action des dirigeants, la pluralité et la liberté d’une presse non concentrée aux mains de quelques géants de l’industrie de l’armement. Si les anciens Grecs qui, en la matière, pourraient avoir leur mot à dire, revenaient chez nous, ils s’étonneraient de ce que nous avons fait de leur idée. Combien de nos citoyens trouveraient ridicule de désigner nos dirigeants par tirage au sort. Certes, on pourrait tirer au sort un ivrogne, protestaient certains. Oui, mais c’est statistiquement peu probable, rétorquaient les autres. La démocratie telle que nous l’entendons ne procède pas par tirage au sort, il est vrai, mais par élection… Adolf Hitler a été élu « démocratiquement ». Silvio Berlusconi aussi. Georges Bush fils également. Ces trois personnages, qui n’ont rien à voir entre eux, ont-ils gouverné de manière réellement démocratique ?

Quant au « socialisme », s’agit-il toujours de l’appropriation des moyens de production par l’Etat ? Quid de la social-démocratie de la fin du XXe siècle dans les pays nordiques ? Quid du social-libéralisme de Tony Blair dans l’Angleterre de la même époque ? Quid du socialisme allemand après Bad Godesberg ?

Quand on parle de « libéralisme », qu’entend-on ? Une forte préoccupation pour les libertés individuelles ? La vieille idéologie des capitalistes du XIXe siècle selon laquelle les marchés s’équilibrent d’eux-mêmes, tombées en désuétude avec la crise de 1929, régénérée par les tenants de Milton Friedman, Reagan et Thatcher en tête ? Libéralisme politique, économique ou sexuel ? Ils n’ont pas forcément de liens directs, voire ils peuvent s’opposer. L’année dernière, à Tokyo, dans une galerie de Ginza, au cours du vernissage de mon ami peintre Ushio Shinohara, j’expliquais que beaucoup de Français, qu’ils les apprécient ou non, considèrent Nicolas Sarkozy ou Georges Bush comme des libéraux. Etonnement de certaines des personnes présentes, dont des membres du Parti Libéral japonais : « Mais ce sont des conservateurs, pas des libéraux ! » J’ai eu la même réaction à Londres, à New York ou à Berlin.

On pourrait continuer longtemps sur le sujet. Il faudrait évoquer aussi les mots qui ont radicalement changé de sens avec le temps, et qui prennent des colorations pour le moins étonnantes. Ainsi, appeler « pédophile », de manière souvent indistincte et peu hiérarchisée, le prêtre qui se laisse aller à quelques attouchements, le violeur d’enfant, l’assassin d’enfants et le mafieux dirigeant un réseau de prostitution enfantine pour son bénéfice financier, n’est-ce pas un peu contradictoire avec l’origine du mot, qui veut dire comme chacun sait : « qui aime les enfants » ?

Voilà pourquoi les dictionnaires nous sont indispensables : ils nous ramènent au sens originel de mots. Les mots ont une histoire : on peut choisir de l’ignorer, mais les causes ayant souvent des effets, on risque d’en payer les conséquences. Dans les débats ou les groupes de discussion notamment, il est vital de donner dès le départ l’exacte définition du sujet dont on traite. Sinon, on tombe dans un dialogue de sourds qui, s’il peut faire de l’audimat à la télévision, n’apporte rien de nouveau à ses auditeurs. Un moment de détente, peut-être ? De quoi parle-t-on ? Je me pose souvent cette question en écoutant tel ou tel orateur dans les médias ou dans une salle. Nul ne le sait le plus souvent, ni en entrant, ni en sortant. Ce qui n’empêche pas chacun d’avoir un avis sur ce qui s’est dit. Bah ! Tant que les foules ne pensent pas, la démocratie n’est pas en danger : elle s’absente.

Socrate nous a prévenus : la mauvaise utilisation des mots est un grand danger. Les propagandes diverses et variées dont nos sociétés ont été ou sont l’objet nous l’ont appris et nous l’apprennent chaque jour à nos dépens. Quand de tels détournements sémantiques sont effectués volontairement, on assiste à la forme la plus vile de dévalorisation du vocabulaire et de la langue. L’auteur paie le prix d’un texte mal formulé, mais peut aussi faire un grand tort à son lecteur en trichant sur les mots.

Les mots sont trop souvent utilisés comme des écrans de fumée pour voiler des vérités déplaisantes. On rebaptise parfois un « plan de licenciement » en « plan social » ; on parle de « dommages collatéraux » pour des bombardements meurtriers ; on évoque la « valeur travail » pour convaincre des salariés de « travailler plus pour gagner moins », mais on agite le slogan « travailler plus pour gagner plus » afin que nul ne se rende compte de la réalité, puisqu’on travestit les mots pour les rendre inopérants à exprimer sa révolte. Ceux qui n’ont plus les mots disponibles peuvent toujours se révolter : il leur reste la violence.

On regrette le langage directe et robuste de Shakespeare ou de Molière à entendre les platitudes anémiques que nous diffusent nos médias tout puissants. Trop nombreux sont ceux qui ont acquis la faculté fatale d’utiliser les mots qui imitent la pensée plutôt que de la créer et de l’exprimer. On ne saurait trop leur conseiller de suivre le bon conseil de Lord Vansittart, qui intitula son article :

« Pensez clairement, parlez simplement, et assumez ! »

Une grammaire défaillante, des phrases confuses, une verbosité déplacée et une utilisation erronée des mots peuvent rendre inefficace un texte ou un discours par ailleurs réussi aussi sûrement que des vêtements mal coupés et en mauvais état peuvent ruiner une silhouette. Ce sont des maladresses qu’avec un peu de préparation et de réflexion vous pouvez aisément éviter, et je vous invite à vous surveiller tout particulièrement quand le succès vous incitera à baisser la garde et à vous laisser aller. Ne laissez jamais votre niveau exigeant d’écriture ou de parole se détériorer. Souvenez-vous toujours que la parole orale ou écrite est trop puissante, trop dangereuse et trop nécessaire pour être utilisée avec légèreté. Le soin que vous apporterez à vos textes devrait être proportionnel à sa valeur. Goethe plaçait le langage au pinacle de tous les arts humains, et c’est incontestablement le don le plus précieux que nous possédions.

Christian Soleil.


 

 



[1]  Michel Durafour, cité par Christian Soleil, in « Michel Durafour, Le Feu sous la cendre, biographie », éditions Actes Graphiques, 1998.

[2]  D’après Gore Vidal, « Palimpsest, a memoir », Random House, 1995 (traduction Christian Soleil).

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