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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:19

Pour les artistes du XVe siècle en Italie, le dessin ou disegno était l’une des formes d’art parmi les plus importantes et les plus fondamentales pour montrer leurs techniques. L’exposition Leonardo da Vinci e Michelangelo est la première au Japon à comparer les dessins des deux maîtres souvent concurrents. On peut y admirer les études de Léonard pour La Vierge aux rochers, l’étude de la tête de Leda par Michel-Ange pour son projet de Leda et le cygne. Au-delà des dessins, l’exposition présente quelque soixante-cinq pièces, dont trente n’ont jamais été exposées au Japon, comprenant peintures à l’huile, manuscrits et lettres centrées sur les travaux de la Biblioteca Reale à Turin et de la Casa Buonarroti à Florence.

Musée Mitsubshi Ichigokan à Tokyo : exposition "Leonardo da Vinci e Michelangelo"
Musée Mitsubshi Ichigokan à Tokyo : exposition "Leonardo da Vinci e Michelangelo"
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 17:43

Le vide n’est pas ce qu’on croit. Il est rempli d’énergie. Du vide peut naître quelque chose. Le rien peut livrer quelque chose. Des chercheurs finlandais ont fait apparaître des photons bien réels à partir du vide. De quoi bouleverser notre conception du « rien ». D'autant que les physiciens tentent aussi de créer de la matière venue de nulle part.

 

Les fluctuations quantiques du vide révèlent que le néant est peuplé de particules virtuelles.  Il va falloir nous y habituer : le vide n’existe pas… Aristote en avait eu une extraordinaire préscience lorsqu’il affirmait, il y a quelque vingt-trois siècles, que « la nature a horreur du vide ». Même si on peut parier que le philosophe grec ne pensait pas exactement à la même notion de vide que celle des physiciens d’aujourd’hui, il avait quand même mis dans le mille.

 

La définition classique du vide nous dit qu’il s’agit d’une absence de matière dans une zone de l’espace. Or, en fait, le vide n’est jamais totalement vide. La physique quantique nous apprend, au contraire, qu’il pullule de particules... et d’antiparticules. Dans le vide quantique, ce bouillon se traduit par un jeu à somme nulle. La matière et l’antimatière ne faisant pas bon ménage, elles se font mutuellement disparaître.

 

Pourtant, pendant des temps très courts, des particules parviennent à exister avant d’être irrémédiablement annihilées.

 

A-t-on l’assurance de la réalité de ce phénomène ? En 1948, le physicien néerlandais Hendrick Casimir a déclaré que deux miroirs parallèles placés dans le vide subiraient une force d’attraction l’un vers l’autre. Depuis, plusieurs expériences ont démontré, en 1978 et surtout à partir de 1997, que l’effet Casimir existe bien. Deux miroirs très fins et très conducteurs, placés dans le vide, ont tendance à se rapprocher. Comme si une force s’exerçait de part et d’autre, poussant les deux miroirs l’un vers l’autre.

 

Une force ? Alors qu’il n’y a que du vide ? Si le vide peut appliquer une pression, c’est qu’il contient de l’énergie... Chacune des particules jouant à s’annihiler le plus vite possible dans le bouillon bouillonnant est associée à une onde. Et ces ondes exercent une pression sur la surface de chaque miroir.

 

Mais il existe aussi du vide entre les miroirs... Certes, mais leur faible écartement, précisément calculé, perturbe les ondes prisonnières. La force de rapprochement des miroirs permet de mesurer la différence de pression exercée entre les ondes situées à l’extérieur des deux miroirs et celles qui sont entre les deux… Etonnant, non ?

 

Cette expérience met en évidence de nombreuses choses… quantiques. En particulier, l’existence d’une énergie du vide. Ou la présence, dans ce « vide », d’une infinité de particules invisibles du fait de leur trop courte période d’existence.

 

Mais que se passerait-il si l’on faisait varier la distance entre les deux miroirs ? Juste pour voir. C’est la question que se sont posés deux chercheurs finlandais de l’université d’Aalto, Sorin Paraoanu et Pasi Lähteenmäki. « Si nous agissons très vite, nous pouvons empêcher les particules de se recombiner, explique le premier. Elles sont alors transformées en particules réelles qui peuvent être détectées. »

 

Pour réaliser l’exploit d’empêcher les particules évanescentes de disparaître, les physiciens sont allés jusqu’à modifier la vitesse de la lumière. Pour cela, ils ont utilisé un réseau d’aimants supraconducteurs, les SQUIDs, similaires à ceux des machines d’IRM utilisées pour l’imagerie du cerveau. C’est en modifiant le champ magnétique émis par ces aimants qu’ils ont fait varier rapidement la vitesse de la lumière. « Nous avons ainsi pu extraire des photons du bruit du vide quantique », précise Pasi Lähteenmäki. Autrement dit, des photons, et donc de la lumière, sont devenus visibles dans le vide. De véritables particules sont ainsi sorties du néant apparent.

 

L’étude, publiée le 11 février 2013 par les PNAS, fait l’objet d’un article sur le site de la revue Nature provenant de Scientific American. Pasi Lähteenmäki y explique que l’expérience revient à modifier l’indice de réfraction du vide. On sait en effet que la vitesse de la lumière varie en fonction de cette propriété de la matière qu’elle traverse. « Imaginez que vous êtes assis dans une pièce très sombre, explique le chercheur. Si, soudain, l’indice de réfraction de la lumière de la pièce change, la pièce va devenir lumineuse. »

 

Ce qui peut être assimilé au remplacement, d'un coup, de murs peints en noir par des murs peints en blanc. » Bowie a le sourire d’un enfant qui vient de me jouer un mauvais tour. Car je suis toujours tout seul dans le pavillon, au milieu de la forêt, avec les murs ouverts sur le panorama du Pacifique en contrebas, à l’écouter me parler sans comprendre où il veut en venir. C’est le propre des rêves, non, de ne pas savoir où ils mènent ?

 

Le plus extraordinaire réside dans ce surgissement de particules réelles à partir du vide. L’expérience de Casimir avait permis de découvrir que le vide n’est pas vide. Celle des Finlandais met en lumière, au sens strict, l’un de ses composants. Mais les photons ne sont pas les seules particules qui habitent le vide.

 

En effet, la formule d’Einstein E = mc2 peut être écrite : m = E/c2. Ce qui signifie qu’une masse peut exister pourvu que l’on dispose d’énergie. Ainsi, si le vide contient de l’énergie, il doit être possible de la transformer en masse. Dans ce cas, ce ne serait plus uniquement de la lumière qui surgirait du néant mais bien de la matière. Le seul problème réside dans la quantité d’énergie nécessaire pour que la masse ne reste pas nulle. Etant donné qu’il faut la diviser par le carré de la vitesse de la lumière (300 000 km/s), on comprend que l’énergie qu’il faut ajouter à celle du vide doit être gigantesque.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Cette difficulté ne fait pas peur à un Français, Gérard Mourou, directeur de l’Institut de la lumière extrême (ILE) à l’Ecole polytechnique de Palaiseau. Spécialiste des impulsions laser ultracourtes, le physicien a dirigé ce projet qui a abouti, en 2015, à la création d’une installation assez extraordinaire. Elle allie en effet un laser de forte puissance à la technologie des impulsions atteignant la femtoseconde, voire l’attoseconde. C'est-à-dire 10 puissance - 15 à 10 puissance - 18 secondes. Et pourquoi pas la zeptoseconde (10 puissance - 21 s). Très loin des durées imaginables.

 

La puissance du laser ne l’est pas plus : 200 petawatts (PW), soit 1015 watts (100 000 fois la puissance électrique produite par l’homme sur Terre) concentrée sur un espace d’un micron, un millième de millimètres. Le résultat visé n’est rien d’autre que de « faire bouillir le vide ».

 

Cela revient à recréer les conditions dans lesquelles les particules fondamentales sont apparues juste après le Big Bang. Si les physiciens atteignent leur but, notre conception du vide sera définitivement modifiée. Après avoir fait jaillir la lumière qu’il contient grâce à l’expérience finlandaise, ce sera la lumière qui fera surgir de la matière de ce qui constitue, finalement, la matrice de ce qui nous entoure. Avant même d’être poussière, nous avons été… vides. 

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 17:38

Evangelista Torricelli naît à Faenza, en Italie, le 15 octobre 1608. Très jeune, il rentre au collège des Jésuites de Faenza, où il est remarqué pour ses talents exceptionnels en mathématiques. Il est envoyé à Rome, où il devient l'élève de Benedetto Castelli, l'un des disciples de Galilée. Il y perfectionne ses connaissances en mathématiques et découvre peu à peu les travaux de l'astronome Galilée, qui lui inspirent un peu plus tard son premier traité de mécanique. Dans cet ouvrage, Evangelista Torricelli démontre que le centre de gravité d'un solide tend à être le plus bas possible à l'équilibre.

 

Devenu célèbre pour ses recherches sur les mouvements des corps, Evangelista Torricelli entame une correspondance avec Galilée, avant de devenir son secrétaire durant les trois derniers mois de sa vie, entre 1641 et 1642. À la mort de son maître, Evangelista Torricelli se voit proposer la place de mathématicien du Grand-Duc de Toscane, ainsi que l'ancienne chaire de mathématiques de Galilée. Avec cette rente à vie, le mathématicien peut se plonger en toute tranquillité dans ses recherches.

 

Impliqué dans le problème des fontainiers de Florence qui cherchent à pomper l'eau de l'Arno, Evangelista Torricelli découvre un principe fondamental en 1644, qui donnera lieu à l'invention du baromètre à tube de mercure. En effet, le scientifique découvre que pour remplacer l'eau, il est nécessaire d'avoir un liquide avec une plus grande densité. Il publie la même année Opera Geometrica, qui sera le premier pas vers l'invention du calcul intégral.

 

Evangelista Torricelli meurt de la typhoïde à Florence, le 25 octobre 1647, sans jamais avoir publié ou revendiqué la paternité du baromètre à mercure.

 

Torricelli avait eu l'idée que c'était l'air atmosphérique qui appuyait sur la surface de l'eau et qui la poussait dans le tube, et non "l'horreur du vide" qui la tirait. Dès lors, la force exercée par l'air ne pouvait être que finie.

 

Afin de vérifier son hypothèse, il conçut une maquette du problème dans lequel il remplaça l'eau par du mercure (sans aucune bulle d'air) sur une cuve remplie, elle aussi, de mercure. L'expérience lui donna raison. A sa grande joie, du moins on peut l'imaginer, le niveau du mercure dans le tube descendit légèrement, puis se stabilisa à une hauteur d'environ 760 mm au-dessus du mercure de la cuve. Il venait de réaliser la première mesure de la pression de l'air atmosphérique.

 

En 1643, Torricelli, assistant très réputé de Galilée, se rend à Florence pour chercher une solution au problème que rencontrent des fontainiers. En 1638, Galilée lui-même appelé à l'aide n'avait pas réussi à trouver la vraie réponse à ce problème. Les fontainiers ne parvenaient pas, avec une pompe aspirante, à monter de l'eau à plus de 10 m de hauteur. Jusqu'alors, la théorie aristotélicienne selon laquelle la nature avait "horreur du vide" prévalait et prévoyait qu'en aspirant l'air au sommet d'un tube plongeant dans l'eau, il devait être possible de la pomper depuis n'importe quelle profondeur. De toute évidence, cet exemple démontrait le contraire.

 

C'est Pascal qui eut l'idée de transformer le baromètre en altimètre. Ce dernier fut développé par Mariotte. Intéressé par l'expérience de Torricelli, Pascal devina que si la pression de l'air était responsable de l'élévation du mercure, ces deux grandeurs devaient diminuer en altitude. En 1648, il demanda à son beau-frère, Florin Perrier, de rééditer l'expérience de Torricelli en haut du Puy de Dôme (ce dernier vivait en Auvergne). A 1 000 m d'altitude, la hauteur de la colonne de mercure n'était plus que de 680 millimètres. Preuve était faite que l'hypothèse de Torricelli était juste, que l'on mesurait bien la pression de l'air atmosphérique et qu'à Florence, les fontainiers devraient remonter l'eau au seau ! 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 22:00
Christian Soleil dépeint la vie "modeste et épanouie" d'un homme libre : Andrea del Sarto

Peut-on sacrifier sa vie et sa carrière par amour ? Il semble que oui : pour les beaux yeux de Lucrezia, mais aussi parce qu'il savait voir au-delà des images, Andrea del Sarto n'aura eu qu'une carrière de premier plan, pas une carrière exceptionnelle comme Michel-Ange ou Léonard. L'homme, modeste, exigeant, patient, construisit son oeuvre pas à pas, à la manière d'un artisan et sans jamais laisser son ego le mener par le bout du nez. Sa femme, bien sûr, oui. Andrea était l'homme qui donne et ne se soucie guère de recevoir. C'est ce dont témoignent la construction patiente et harmonieuse de ses oeuvres, son sens du drapé, sa passion des couleurs.

 

Résumé :

 

« Le jeune Andrea del Sarto passait tous ses instants de liberté dans la “salle du pape” à Santa Maria Novella, pour étudier le carton de Michel-Ange pour La Bataille de Cascina et celui de Léonard de Vinci pour La Bataille d'Anghiari », écrit Vasari.
Peintre italien de la haute Renaissance, le Florentin Andrea del Sarto fut l'un des plus grands de son époque. Sa maîtrise stylistique le place aux côtés de Michel-Ange ou de Léonard de Vinci. Il peignit pour de nombreux clients, mais surtout pour le cloître du Scalzo, à Florence, où il laisse des fresques monochromes sublimes pour François1er, qu'il rejoint en France mais quitte quand son épouse le rappelle en Italie, pour le réfectoire du couvent San Salvi, près de Florence. Un artiste attachant et sensible.

 

Biographie :

 

Installé dans le sud-est de la France, Christian Soleil travaille comme consultant en management et communication pour diverses entreprises et structures européennes.
Il publie depuis l'âge de vingt ans des ouvrages dans les domaines les plus variés : roman, théâtre, essais, biographies, recueils de contes et légendes.
Il puise son inspiration dans les grandes villes d'Europe, des États-Unis et du Japon, dans lesquelles il voyage dès que ses occupations professionnelles lui en laissent le temps.

 

Thème : Biographie

Nombre de pages : 70

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782414048052

ISBN livre téléchargement : 9782414048069

Date de publication : 05 April 2017

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 09:04

Lisez l'interview de Christian Soleil sur le Mag Macron :

http://macron2017.newmediaproduction.org/2017/03/09/christian-soleil-referent-dune-vingtaine-de-comite/

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:40

Parce que je suis conscient de vivre dans le pays d’Europe qui dispose des meilleurs atouts démographique, économique, comme en matière de créativité, d’innovation, de recherche et d’entreprenariat ;

 

Parce que depuis plus de trente ans, les gouvernements successifs, qui ont placé la lutte contre le chômage parmi leurs priorités, ont régulièrement échoué ;

 

Parce que j’en ai assez que l’on vote des lois à la pelle en oubliant trop souvent de songer à leur application ;

 

Parce que j’en ai assez que le soupçon plutôt que la confiance régisse la vie des entrepreneurs et des contribuables ;

 

Parce que depuis vingt ans les présidents de la République ont fait alterner immobilisme, agitation stérile et politique à la petite semaine ;

 

Parce que l’émotion prend trop souvent le pas sur la raison dans les décisions publiques ;

 

Parce que ceux qui croient en un Dieu d’amour parlent souvent moins fort que ceux qui prônent un Dieu de haine ou d’exclusion ;

 

Parce que je ne veux pas d’un pays où les femmes, majoritaires en nombre, soient considérées comme une minorité, avec des salaires moindres et un moindre accès aux responsabilités politiques, économiques et sociales ;

 

Parce que je préfère une société du risque, fondée sur la confiance et le mouvement, à une société de la rente, fondée sur la méfiance et l’immobilisme ;

 

Parce que je sais que la véritable souveraineté passe désormais par l’Europe ;

 

Parce que quand je voyage je suis reconnu avant tout comme un Européen ;

 

Parce que notre sécurité, notre économie, notre culture passent d’abord par l’Europe ;

 

Parce que j’en ai assez de voir des politiciens s’opposer quand ils partagent les mêmes valeurs et les mêmes orientations sur les choix essentiels : économie, fiscalité, sécurité, Europe, vie sociétale ;

 

Parce que j’en ai assez de voir les petits arrangements des uns ou des autres au sein de clans d’un autre siècle alors qu’ils ne pensent pas la même chose sur les aspects les plus fondamentaux de la société ;

 

Parce que je sais que la France est dans l’Europe, l’Europe dans le monde et que le monde est tout autant rempli d’espoirs que de dangers ;

 

Parce que j’en ai assez que nos dirigeants passent leur temps à nous infantiliser, à nous inquiéter pour mieux nous rassurer, quand nous avons besoin de faits, de lucidité et de sécurité réelle ;

 

Parce que je ne me résous pas à ce que mon pays, sous prétexte d’égalité théorique, voit l’égalité réelle reculer et la reproduction sociale croître d’une manière dangereuse pour son équilibre ;

 

Parce que je pense que la culture doit être un fruit commun à partager ;

 

Parce que je ne crois pas que l’on puisse remplacer cette société par une autre d’un coup de baguette magique au niveau national, mais que l’on peut la refonder sur la base de valeurs communes et d’un projet clairement identifié ;

 

Parce que je crois que l’avenir reste à écrire et que ce récit passe par nous ;

 

Parce que je crois que notre identité est un projet commun que nous devons élaborer ensemble ;

 

Parce que je veux une France ouverte, européenne, accueillante, confiante dans ses atouts et son avenir, sûre, où chacun puisse trouver sa place sans exclusivité de couleur, d’origine ethnique ou sociale, de genre ou de sexualité, de croyance ou de conviction philosophique ;

 

J’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle de 2017 et accepté de représenter son mouvement En Marche ! en tant que référent départemental Loire.

 

Christian Soleil

26.12.2016.

 

 

Pourquoi je soutiens la candidature d'Emmanuel Macron
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 21:05

VIVALDI L'INTRANQUILLE

BIOGRAPHIE

 

Biographies - 88 pages - 140x200

ISBN : 9782342150674


Antonio Vivaldi était célèbre de son vivant en tant que violoniste virtuose. Mais il fut aussi très tôt un compositeur de renommée internationale. Travailleur acharné, il composait jour et nuit des pièces baroques qui allaient considérablement influencer la musique instrumentale, et notamment concertante, du XVIIIe siècle. Au besoin, il pouvait se plagier lui-même, reprenant là une ligne mélodique qu'il avait utilisée ici. Il laissa à sa mort des piles de partitions qui connurent, comme tous les œuvres, des périodes posthumes de gloire ou de défaite. Après être tombé en désuétude, il a vu sa cote remonter dans le cœur de nos contemporains depuis quelques décennies.
Christian Soleil décortique Vivaldi dans "Vivaldi l'intranquille" qui vient de paraître
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 12:08

Christian Soleil publie à l’approche des fêtes de fin d’année deux ouvrages de genres très différents : un livre écrit sous sa direction par des groupes d’étudiants en communication sur le thème de la communication d’entreprise, et un essai souriant avec son amie Marie-Josèphe Court, « Dame de trèfle ». En voici la présentation succincte :

 

Communication d’entreprise : panorama des moyens de communication externe

 

Résumé :

 

La communication externe des entreprises, et notamment des PME, peut devenir un véritable casse-tête chinois pour les non-professionnels et même, parfois, pour ceux qui prétendent maîtriser les tenants et les aboutissants de ce nécessaire exercice. Parmi les difficultés, au-delà de l'analyse et du diagnostic de situation, au-delà même de l'élaboration d'une stratégie cohérente, la sélection des outils et médias est problématique. Devant leur prolifération, comment choisir ? Des relations presse, mais avec quels supports ? Internet, mais comment ? Un blogue, pour dire quoi ? Des réseaux sociaux, mais lesquels ? Un site, mais pour quoi faire ? Ou bien un évènement ? Une opération promotionnelle ? 
Réponse de Christian Soleil et d’un groupe d'étudiants de l'ESC Grenoble et de l'école Sciences-U.

 

Biographie :

 

Installé dans le sud-est de la France, Christian Soleil travaille comme consultant en management et communication pour diverses entreprises et structures européennes. Il publie, depuis l'âge de vingt ans, des ouvrages dans les domaines les plus variés : roman, théâtre, essais, biographies, recueils de contes et légendes. Il puise son inspiration dans les grandes villes d'Europe, des États-Unis et du Japon entre lesquelles il voyage dès que ses occupations professionnelles lui en laissent le temps.

Thème : Essai / Etude autres

Nombre de pages : 110

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782334249614

ISBN livre téléchargement : 9782334249621

Date de publication : 07 December 2016

 

Dame de trèfle

(avec Marie-Josèphe Court)

 

Résumé :

 

Un homme, une femme, se rencontrent par hasard dans une brasserie de la gare de la Part-Dieu, à Lyon, et entament une conversation à bâtons rompus sur la mère : son rôle, sa fonction, ses responsabilités. Puis la femme disparaît et l’homme la cherche désespérément.
Histoire, anecdotes, plaisanteries et confessions s'entremêlent. Un dialogue profond, souvent drôle, toujours éclairant, et des personnages attachants, sans doute blessés par la vie, mais qui ne dévoilent d'eux-mêmes que ce pan fugace de ciel bleu que les nuages, en s'écartant, laissent apparaître un jour d'orage.

 

Biographie :

 

Installé dans le sud-est de la France, Christian Soleil travaille comme consultant en management et communication pour diverses entreprises et structures européennes.
Il publie depuis l'âge de vingt ans des ouvrages dans les domaines les plus variés : roman, théâtre, essais, biographies, recueils de contes et légendes. Il puise son inspiration dans les grandes villes d'Europe, des États-Unis et du Japon, entre lesquelles il voyage dès que ses occupations professionnelles lui en laissent le temps.

 

Thème : Sentimental

Nombre de pages : 104

Format : Roman (134x204)

ISBN livre papier : 9782414003150

ISBN livre téléchargement : 9782414003167

Date de publication : 06 December 2016

 

Christian Soleil publie un livre de communication et un essai féministe et souriant
Christian Soleil publie un livre de communication et un essai féministe et souriant
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 14:08

 

 

On attendait un livre politique et, de fait, Emmanuel Macron trace dans Révolution les grands axes de son projet de refondation du pays. Ceux qui confondent la présidence de la République avec la tenue des comptes d’une PME s’étonneront de ne pas trouver la liste de réformes vite oubliées que les candidats à l’élection présidentielle s’acharnent parfois à élaborer et à diffuser. Mais seuls les inattentifs, les paresseux et les mal-comprenants pourront s’en offusquer : Emmanuel Macron se situe ici dans la continuité de François Mitterrand qui, dans sa Lettre à tous les Français, rappelait avec un certain bon sens que le programme est l’affaire des partis et non du futur président de la République :

Un héritage mitterrandien

« J'ai choisi ce moyen, vous écrire, afin de m'exprimer sur tous les grands sujets qui valent d'être traités et discutés entre Français, sorte de réflexion en commun, comme il arrive le soir, autour de la table, en famille. Je ne vous présente pas un programme, au sens habituel du mot. Je l'ai fait en 1981 alors que j'étais à la tête du Parti socialiste. Un programme en effet est l'affaire des partis. Pas du Président de la République ou de celui qui aspire à le devenir. L'expérience acquise, là où vous m'avez mis, et la pratique des institutions m'ont appris que si l'on voulait que la République marche bien, chacun devait être et rester à sa place. Rien n'est pire que la confusion. L'élection présidentielle n'est pas comparable à l'élection des députés. Et s'il s'agit de régler, jusqu'au détail, la vie quotidienne du pays, la tâche en revient au gouvernement. Mon rôle est de vous soumettre le projet sur lequel la France aura à se prononcer les 24 avril et 8 mai prochains pour les sept années à venir. Je le remplirai de mon mieux avec, au coeur et dans l'esprit, une fois dépassées les légitimes contradictions de notre vie démocratique, la passion d'une France unie. Je m'inquiète parfois des montées de l'intolérance. Nous avons besoin de nous rassembler, mes chers compatriotes. Pour cela, je vous propose une politique pour la France. »

Ouvrir les fenêtres

Avec Révolution, Emmanuel Macron ouvre les fenêtres de la France : son projet, qu’on a tort d’appeler programme, couvre des champs plus larges que ses concurrents, dans une approche systémique à laquelle peu sont capables d’accéder intellectuellement. François Fillon, par exemple, qui a eu le courage de proposer très tôt un programme cohérent, d’inspiration conservatrice, qui fonde sa candidature, égrène des mesures multiples qui le positionnent plus en chef de gouvernement – qu’il a été sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mettant en œuvre la politique de ce dernier avant de la contester dans sa globalité –qu’en tant que chef d’Etat qu’il aspire à devenir. Les axes principaux du projet d’Emmanuel Macron s’appuient comme on pouvait l’imaginer sur la philosophie des Lumières : il s’agit pour lui de donner plus d’autonomie aux citoyens, de responsabiliser les individus et de réduire les charges et les contraintes qui pèsent sur eux afin de libérer créativité et initiative. Finalement, le candidat vise à transformer une société de méfiance en société de confiance.

La confiance au coeur

Penseurs et intellectuels s’interrogent depuis Machiavel, Adam Smith ou Karl Marx jusqu’à nos jours, en passant notamment par Max Weber ou Fernand Braudel, sur les conditions qui ont permis « la richesse des nations » ou leur appauvrissement, le développement de la modernité, du progrès et de la croissance. Des explications matérielles ont été avancées, mais aussi des comportements, appuyés le plus souvent sur des croyances religieuses majoritaires. Alain Peyrefitte lui-même, l’aide de camp du général de Gaulle, dans l’ouvrage inspiré de sa tardive thèse de doctorat, La Société de confiance, essai sur les origines et la nature du développement (éd. Odile Jacob, 1995), analyse les conditions dans lesquelles le développement de l’Europe trouve sa source dans ce qu’il nomme « l’éthos de confiance », fondé sur le calvinisme et plus largement le protestantisme dominant le nord de l’Europe, quand les sociétés du sud, imprégnées de catholicisme, favoriseraient plutôt une éthique de méfiance moins propice au développement.

Emmanuel Macron, qui ne reprend pas textuellement ces références dans son livre, se situe néanmoins dans cette lignée. Son propos démontre que son choix est largement fait : la société vers laquelle il propose d’avancer est bien une société de confiance ; c’est là que se situe la principale « révolution » dont il montre la voie. Certains journalistes ou commentateurs évoquant la publication de son livre ont pu ironiser sur le terme en apparence excessif choisi par le candidat pour figurer sur la couverture de son opus. C’est qu’ils ne l’avaient pas encore lu, ou trop vite, ou trop mal, ou qu’ils n’en avaient pas saisi la substance. Car il est symptomatique qu’au moment où disparaît le dernier chantre de la révolution telle que le XXe siècle a parfois voulu la rêver, Fidel Castro, s’élève une voix nouvelle s’engageant à emmener la France vers une société ouvert à l’imagination, non pas une société réformée, corrigée, pansée, mais une société refondée, co-construite, pensée.

Le souffle de Churchill

La structure de l’ouvrage : une dizaine de « lettres ». La première évoque, comme chez beaucoup de candidats, l’enfance tranquille d’Emmanuel Macron dans sa ville d’Amiens. Le style qui sert cette évocation biographique, dans laquelle ne figure aucune révélation intime, est court, précis, serré. Il va à l’os. Un style parfois journalistique, efficace, mais qui ne dédaigne pas, ici ou là, les envolées lyriques. Si l’on devait le comparer à d’autres auteurs de littérature politique, c’est peut-être du côté des Anglo-Saxons qu’il faudrait aller chercher : on pense à Winston Churchill. C’est le même souffle, la même grandeur, la même conviction profonde, humble et parfois immodeste, d’épouser le destin d’un pays. Conviction fondée sur l’incertitude et son nécessaire corollaire dans la vie politique : la confiance. Mitterrand n’est pas très loin non plus : c’est le même vent du large qui parcourt ces pages, une obsession de la liberté, le même sentimentalisme jamais avoué, toujours tu, perceptible pourtant au détour d’une phrase, au cœur d’une incise ou dans le point trop vite appliqué à la page pour taire en soi l’émotion maîtrisée.

Le retour de la culture

Oui, il y a chez Emmanuel Macron, au-delà du plan de refondation politique qui est l’objet avoué de l’ouvrage, l’évocation voilée et pudique d’une personnalité complexe, compliquée même, aux prises avec ses souffrances et ses fragilités silencieuses. L’amour total pour sa grand-mère, la fuite à corps et à cœur perdu dans les livres – la familiarité avec les chats de Colette, la Provence de Giono, les anges de Cocteau et les voyages de Gide l’esthète -- la séduction de sa professeure de théâtre, le goût des planches, la quête d’une reconnaissance élargie, parlent au lecteur des manques originels qui fondent un destin national ou international. Le goût de la langue maternelle, celui, parallèle de l’écriture – le stylo, le père – cohabitent chez Emmanuel Macron avec un sorte de leitmotiv à peine formulé, peut-être inconscient : partir.

Emmanuel Macron passe en effet les premières années de sa vie à attendre, à rêver, puis à partir, comme étreint par un sentiment de claustrophobie morale. Quitter la province pour Paris et, par la suite, quitter tout ce qui l’enferme pour trouver un air nouveau, ou ce que Jean Cocteau appellerait « une place fraîche sur l’oreiller ». Emmanuel Macron ne fuit pas : il se cherche, il poursuit sa vérité, il est « en marche », au-delà du jeu de mot, par nature. Le mouvement est son repos, comme s’il avait trop longtemps attendu, rongé son frein, trépigné d’impatience. Le jeune candidat à l’élection présidentielle a montré à quel point il n’est pas prêt à transiger avec le moindre enfermement : ni professionnel, ni institutionnel, ni politique. La liberté est son obsession. Elle guide aussi, rien d’étonnant à cela, son parcours intellectuel et personnel, pour ce que nous en connaissons et qui intéresse le citoyen. L’approche d’Emmanuel Macron sur les éléments biographiques qu’il nous livre témoigne, nous l’avons dit, d’une immense pudeur. Ou d’un exhibitionnisme au pays des aveugles, ce qui revient finalement au même.

L’apôtre de la réconciliation

L’autre tentation d’Emmanuel Macron : réconcilier. On ignore mais on devine à travers les mots, là aussi, au fil des silences et des non-dits, combien cette volonté de réconciliation doit être profonde, personnelle, intime. Il s’agit toujours de se réconcilier avec les siens et, partant, de se réconcilier avec soi. Mais une fois le mouvement entamé, l’énergie déployée, comme dans l’amour véritable, ne saurait se limiter à un objet. Qu’importe ! Il réconciliera la France avec elle-même : elle en a bien besoin.

Emmanuel Macron aime les mots justes. S’il fallait trouver un slogan pour caractériser son discours, celui de « parler juste » conviendrait sans doute le mieux. Il évoque en effet le fameux « parler vrai » théorisé par Michel Rocard, l’un des mentors du candidat, mais en ajoutant, à l’évocation de la parole lucide, une dimension de bienveillance dont notre époque troublée et volontiers haineuse a bien besoin. La parole juste, c’est un peu la voie du milieu de Siddharta Gautama, celle qui consiste à favoriser une pensée juste, une intention juste, une parole juste et un comportement juste. Bref, une éthique, comme on le dirait aujourd’hui, de responsabilité.

Les commentaires sur le livre d’Emmanuel Macron fleurissent ici et là dans les médias français. Ces derniers ne disposent par nature géographique pas du recul des médias allemands, anglais, japonais ou argentins. C’est un peu le style des familles : « Ailleurs, on doit te louer, t’encenser, mais quand moi je te dis ce qui est… » affirme la mère possessive des Parents terribles. La culture française aime les étiquettes, les classifications, les rangements faciles sur les rayons de l’Histoire. C’est oublier un peu vite que, comme la soulignait Pier Paolo Pasolini à la fin de sa vie : « Nous sommes tous infinis. » On a ainsi vu ici et là des comparaisons entre le programme de l’ancien Premier ministre François Fillon et le projet du candidat Emmanuel Macron à la présidence de la République : ainsi, l’un comme l’autre seraient « libéraux ». Le terme est si galvaudé qu’il en existe autant de définitions que d’utilisateurs, comme cela peut se produire pour le vocable « socialiste » ou pour le Dieu des catholiques.

Les mots pour le dire

 « Je ne crois pas que le programme de François Fillon soit ­libéral sur le plan économique, il est au contraire profondément conservateur », expliquait Emmanuel Macron récemment. Tout le problème vient de la difficulté des commentateurs à percevoir clairement les différences de niveau et de perspectives. Quelques parties d’échecs ou de jeu de go pourraient peut-être élever le niveau de leurs analyses. Car si le plan d’Emmanuel Macron comprend des directions qui peuvent apparaître libérales, dans le sens où elles visent à faciliter les décisions des entreprises et à fluidifier leurs nécessaires évolutions, il trouve son équilibre dans le développement parallèle d’un socle social sans lequel la marche des macronistes ne serait qu’un déplacement à cloche-pied sur une jambe de bois.

Cohérence stratégique

Allègement du coût du travail, développement de l’apprentissage, réduction des cotisations salariales ainsi que des cotisations payées par les indépendants afin d’augmenter le salaire net, introduction d’un plafond et d’un plancher pour les dommages et intérêts aux prud’hommes. Bref, un programme complet et ambitieux qui, sur ce volet déjà, écrase les propositions éparses et souvent dépourvues de colonne vertébrale de ses compétiteurs. Libéral, ce programme ? Oui, si l’on s’en tient à la définition du libéralisme comme d’une vocation à « libérer » l’individu – au XVIIIe siècle, d’un pouvoir monarchique excessif. Mais à ce libéralisme que d’aucuns, en France, classent à droite par manque de culture historique – et que les Anglo-Saxons rangeraient plutôt à gauche – vient s’ajouter pour Emmanuel Macron un libéralisme sociétal, politique, qui vient le prolonger et l’équilibrer. Il s’agit pour l’ancien ministre de l’Economie de s’adapter aux enjeux de la modernité, de considérer l’individu comme autonome et responsable et d’abandonner l’idée, fort répandue de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls, de protéger l’individu contre lui-même. Ainsi, pour Emmanuel Macron, la sanction pénale s’avère trop souvent inefficace. Il préconise donc pour certaines infractions courantes le régime des contraventions : code de la route, vol, détention de cannabis. Emmanuel Macron ne souhaite pas non plus que le pays s’installe de toute éternité dans l’état d’urgence : la diminution des libertés, comme il le rappelle dans Révolution, n’a jamais accru la sécurité : « Les crimes ne sont pas devenus plus nombreux après l’abolition de la peine de mort. »

Equilibre donc, cohérence à tous les étages, complémentarité des axes comme des actions proposés. Mais ce n’est pas seulement sur les décisions politiques ou sur les « réformes » à entreprendre qu’Emmanuel Macron se prononce dans son ouvrage. C’est aussi – et, oserait-on dire, surtout – sur la méthode que ses propositions constituent une véritable « révolution » : un changement de paradigme, voire la confirmation d’une évolution radicale de la culture française. Autrement dit, on laisse tomber avec Macron les anciens concepts dont le diagnostic du mouvement « En Marche ! » avait confirmé l’obsolescence pour les remplacer par des modes de fonctionnement plus souples de notre démocratie. « Le système est organisé pour protéger l’ordre existant, » affirme Emmanuel Macron, et « les protections corporatistes doivent laisser la place aux sécurités individuelles ». L’ancien ministre de l’Economie se prononce clairement en faveur d’une « société du choix libérée des blocages de tous ordres, d’une organisation obsolète, et dans laquelle chacun pourrait décider de sa vie ».

La rente ou le risque

Finalement, et l’on touche là à l’un des fondamentaux de ce que pourrait être une gauche moderne, contemporaine, lucide sur les enjeux du siècle nouveau, bref une gauche encore en devenir en France, c’est à la rente comme principe d’organisation de la société qu’Emmanuel Macron s’attaque, à la rente et à toutes les rentes, confirmant l’approche audacieuse d’un Mathieu Pigasse qui, dans son Eloge de l’anormalité (éd. Plon, 2014) défendait ardemment le risque plutôt que la rente comme élément catalyseur de l’économie. Le vrai combat d’Emmanuel Macron est en effet bien là : dans le développement de la mobilité sociale et de l’égalité « réelle » jadis théorisée par Dominique Strauss-Kahn, c’est-à-dire une égalité qui ne soit pas un nivellement par le bas mais une convergence d’actions pragmatiques pour permettre à chacun, quel que soit son appartenance sociale, de valoriser ses potentiels. Au bout du compte, Emmanuel Macron se situe dans le droit fil de la tradition libérale de gauche. Son credo : mettre fin aux privilèges ; lutter pour favoriser l’autonomie.

Redonner la chance d’agir

La révolution d’Emmanuel Macron, fondée sur l’analyse lucide et réaliste de la société permise par la Grande Marche des adhérents de son mouvement, au cours de l’été 2016, se rapproche donc de la Big Society élaborée par la gauche britannique. Il s’agit non plus d’empiler des lois qui finissent, par leur nombre, leur complexité, l’incurie des débats qui préludent à leur vote – avec des oppositions fondées sur les logiques d’appareils plus que sur un quelconque réalisme ou sur les convictions profondes de chacun – de redonner de l’autonomie aux « Faizeux », à ceux qui sont chargés d’agir, pour reprendre l’expression chère à l’écrivain Alexandre Jardin. Emmanuel Macron définit le rôle de l’Etat comme celui de « faire fructifier les énergies » : une logique libérale de délégation du pouvoir et de confiance en l’individu, celle des « capabilities ». Ce qui le rapproche d’Amartya Sen : « le rôle de l’Etat est bien de garantir […] à chacun les moyens de sa vie ».

Protéger l’individu

« Le bon débat, écrit Emmanuel Macron, n’est pas tant entre ceux qui voudraient passer la retraite à 65 ans ou la laisser à 62 ans » ou encore « l’enjeu n’est pas de chercher à protéger la frontière entre le salarié et le travailleur indépendant ». Ainsi, le candidat souhaite élargir la protection sociale autour de l’individu et pour lui, en mettant en place un régime universel de retraite et un droit universel à la mobilité professionnelle. Autrement dit, il s’agit d’ouvrir les droits à l’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants.

Alors oui, la révolution d’Emmanuel Macron peut être qualifiée de libérale, à condition de savoir de quoi l’on parle : de la libération des individus et de la société sur tous les plans, économique, politique ou sexuel. Rien à voir avec le conservatisme d’un François Fillon qui renforce les protections des plus aisés et protège ceux qui ont le mieux réussi au détriment des familles qui connaissent des difficultés : neuf millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, travailleurs précaires en augmentation constante, jeunes actifs au chômage pour 25% d’entre eux.

Faux débat

Certains opposent de manière caricaturale cette vision ouverte à celle de François Fillon qui serait le modèle du conservatisme catholique. Ce serait confondre le catholicisme éclairé des lecteurs des Evangiles avec ceux qui utilisent la Bible comme une arme, faire injure au vrai chrétien toujours prêt à mourir sur la croix en se focalisant sur ceux qui imaginent que la religion est une affaire de croyance et non une éthique du comportement. Emmanuel Macron ne parle pas de Dieu et n’en appelle pas plus au pape qu’à aucune autre chef d’Etat étranger : il respecte en cela la laïcité qui permet à chacun dans ce pays de vivre quelque foi que ce soit dans la liberté de son intimité et de sa conscience. D’ailleurs, son approche de la société ne se situe-t-elle pas dans la lignée d’un socialisme catholique à la Delors et de ce grand parti démocrate ouvert et rassembleur dont rêvait François Hollande il y a vingt ans ?

Une méthode d’abord

Finalement, la révolution d’Emmanuel Macron réside fondamentalement dans le mouvement intellectuel qui fait partir ses propositions non d’une idéologie stérile mais d’une analyse fine du réel. Il décline ensuite les valeurs qui sont celles de son mouvement avant de définir une idéologie cohérente – autrement dit un ensemble convergent d’axes stratégiques pour refonder la société française et la remettre en mouvement. Puis il revient au réel pour co-construire avec les forces vives du pays les réformes adaptées à cette stratégie de libération. Une pincée de Socrate pour le questionnement, une pincée de Bertrand Russell ou Ludwig Wittgenstein pour l’appel à la logique et à la raison – toujours partir des faits --, un zeste de Gramsci pour la primauté donnée à l’approche culturelle. Et la volonté profonde de réconcilier la France avec elle-même, sous-tendue par la certitude que chacun, avec ses convictions, ses ambitions, ses talents et ses doutes, pourra prendre sa part dans cette société nouvelle. En sachant que, comme le disait Oscar Wilde : « Nous vivons tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles. »

 

Christian Soleil

 

Emmanuel Macron : La confiance en la raison
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:34

Tristan Garcia est l'un de nos auteurs les plus brillants et les plus profonds du moment. Il alterne des ouvrages que l'on pourrait dire "à succès" si l'expression n'était pas limitative, voire péjorative, et des ouvrages à caractère philosophique qui éclairent notre société et son actualité d'une lumière oblique. Finalement, Tristan Garcia, si l'on ose dire, est à la littérature ce qu'Emmanuel Macron est à la politique : un empêcheur de tourner en rond. Servi par une langue impeccable et souvent classique dans ses tournures, mais qui jamais ne sent la naphtaline. Précise. Exacte. Un véritable "parler juste". 

Après son ouvrage remarquable "La Vie intense" publié cette année chez Autrement, le voilà de retour, plus vite qu'on aurait cru, avec un texte salutaire dans cette période troublée, confuse et vaguement inquiétante qui précède l'élection présidentielle de 2017. Une année où il nous faudra choisir, peut-être pour la dernière fois avant longtemps, une voie décisive : plus d'Europe, un relâchement des contraintes budgétaires et la croissance ; ou bien le statu quo, l'effondrement à terme et la guerre.

Dans "Nous", titre fulgurant, Tristan nous propose un modèle original des identités politiques. Côté grands discours comme côté petites phrases, il explore slogans et manifestes, chansons et autres textes pour éclairer les traditions les plus larges : marxisme, fascisme, anticolonialisme, éthique animale, écologie profonde, fondamentalisme religieux.

Tristan Garcia traque l'exactitude plus qu'une illusoire vérité au travers de cette superposition "de calques et de plans transparents de notre imaginaire, sur lesquels nous prétendons tous découper l'espace social en espèces, en genres, en races, en classes ou en générations, pour nous y situer." 

Le résultat ? Un modèle vivant, inédit de ce que nous sommes, une identité dynamique, qui s'étend et se replie sans cesse suivant une logique enfin ré. Un récit historique et intellectuel palpitant.

"C'est également une tentative radicale de repenser l'existence politique en trouvant dans la guerre de "nous contre tous" une forme universelle qui nous tient toujours ensemble, au moment précis où elle paraît nous déchirer."

Christian Soleil, août 2016, Tinto's, Fulham Palace Road.

Christian Soleil, août 2016, Tinto's, Fulham Palace Road.

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